Le féminisme serait-il devenu has been comme la lutte des classes ? Si la situation des femmes a considérablement évolué depuis les années 1970, leur cause reste d’actualité, peut-être plus sous la forme d’une vigilance que d’un combat stricto sensu. Car le combat féministe d’hier est devenu anachronique, non dans sa légitimité, mais dans ses orientations et ses formes. Il s’agissait de lutte, d’éveil des consciences, de discriminations sociales et sexuelles, de revendication de droits, de défense d’une identité, de résistance au patriarcat. Aujourd´hui, le féminisme n’a pas disparu, mais il s´est, comme la société et le monde, largement complexifié. Ce mouvement s’est intégré à un réseau de résistances transversales en se croisant avec d’autres causes (classes, sans papiers, races, sexualités, etc.) dépendantes des rapports de pouvoir, de domination et d’exclusion. Si le féminisme a été trop unidimensionnel, il s’est enrichi au fil des ans pour assimiler enfin les nouveaux enjeux contemporains.
Malgré cela, il reste du chemin à parcourir. Les tailleurs de Ségolène Royal ont occupé à tort tous les esprits pendant la campagne présidentielle ; et plus récemment la première dame de France voit sa beauté instrumentalisée
pour vendre du rêve à la Grande-Bretagne et tenter de remonter le président dans les sondages français, manipulés* à la hausse sans vergogne ce week-end par Le
Figaro.
* Dans Le
Figaro, le titre de la page 3 qui prétend que « pour 58 % des Français, le style Sarkozy a changé en bien » est une contre-vérité. En réalité, le sondage d’OpinionWay montre que 49 % des Français estiment que
Nicolas Sarkozy exerce sa fonction de président de la République de manière
différente. Une minorité donc. Parmi cette minorité, 58 % trouvent qu’il a changé plutôt en bien. Or, 58 % de 49 % font 28 % seulement de la totalité des
Français !
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