En recevant le titre d’"unique chanoine honoraire" de Saint-Jean de Latran, conféré à chaque souverain et président français depuis Henri IV, Nicolas Sarkozy a dit "assumer pleinement le passé de la France et ce lien particulier qui a si longtemps uni notre Nation à l’Eglise". "Notre pays a beaucoup changé. Les citoyens français ont des convictions plus diverses qu’autrefois. Dès lors, la laïcité s’affirme comme une nécessité et une chance. Elle est devenue une condition pour la paix civile", a déclaré le président devant des ecclésiastiques et des Français de Rome. "Cela étant, la laïcité ne saurait pas être la négation du passé. Elle n’a pas le pouvoir de couper la France de ses racines chrétiennes. Comme Benoît XVI, je considère qu’une Nation qui ignore l’héritage éthique, spirituel, religieux de son histoire commet un crime contre sa culture", a ajouté Nicolas Sarkozy. "C’est pourquoi nous devons tenir ensemble les deux bouts de la chaîne : assumer les racines chrétiennes de la France, et même les valoriser, tout en défendant la laïcité parvenue à maturité", a résumé le président. Sarkozy a ainsi appelé à "l’avènement d’une laïcité positive, qui tout en veillant à la liberté de pensée, à celle de croire ou de ne pas croire, ne considère pas que les religions sont un danger, mais plutôt un atout". La France a besoin de catholiques convaincus qui ne craignent pas d’affirmer ce qu’ils sont et en quoi ils croient".

Nicolas Sarkozy semble oublier que le christianisme ne fait pas l’unanimité dans le monde. Les indiens d’Amérique se souviennent encore des bienfaits des religions d’Europe ; l’Irak paye tous les jours le mysticisme de Bush et Blair ; l’Europe elle-même, que ce soit aux niveaux humain, politique ou scientifique, n’a que trop souffert à cause de religions se transformant toutes en absolutisme. La laïcité n’a pas besoin d’épithète : ni "ouverte", ni "apaisée", ni "positive", la laïcité, combattue par toutes les religions, est en soi le seul système permettant de vivre en société autrement que sous le joug d’un délire mystique, d’une hypothèse divine, d’une autorité religieuse n’ayant que faire de la liberté humaine. La preuve en exemples : une femme, à Paris ou Alger, souhaite s'habiller comme elle l'entend et rejeter ce voile qui fait d'elle un objet sexuel ? La laïcité lui apporte cette faculté. Une autre, au Mexique ou en Irlande, réclame de pouvoir faire un enfant si elle le veut, quand elle le veut et avec qui elle le veut ? La relégation des préceptes machistes des religions hors du système juridique lui assure cette liberté. Un biologiste ou un astronome aspire à mener sa recherche sans contrainte pudibonde ou bandeau posé sur ses yeux ? L'affirmation du caractère obscurantiste des religions lui garantit la liberté de son travail. Un enseignant du Kansas ou de Turquie veut pouvoir instruire ses élèves sur l'évolution des espèces ? L'école laïque constitue un rempart contre les superstitions entretenues par les monothéismes. Enfin, l'antifasciste argentin ou iranien réclame la justice dans son pays contre la tyrannie des militaires et de la religion ? Le devoir de vérité rejettera la réconciliation si souvent prônée par des religions systématiquement acoquinées, ou confondues, avec les despotes.

Sans frontière et de toutes les couleurs, la laïcité affirme la prééminence de l'individu sur la transcendance et place son émancipation comme un enjeu de liberté. L'institutionnalisation de la foi par les religions, dont un ordre moral hypocrite constitue la colonne vertébrale, n'a jamais servi que le confort des clercs et des puissants. Une réalité que ne méconnaît pas Nicolas Sarkozy pour qui il faut plus de curés, d'imams et de rabbins pour acheter la paix sociale.

Ci-dessous des extraits d´une tribune d´Henri Pena-Ruiz, philosophe, écrivain, ancien membre de la commission Stasi, parue dans Le Monde sur la laïcité complètent le sujet :


Nicolas Sarkozy dit vouloir l’égalité des religions entre elles, et pour cela il envisage de construire sur fonds publics des lieux de culte, notamment pour permettre aux citoyens de confession musulmane de compenser leur déficit en la matière par rapport aux catholiques, qui jouissent d’un usufruit gratuit des églises construites avant 1905. Il ne demande pas le même financement pour des maisons de la libre-pensée ou des temples maçonniques. Est-il donc partisan de la discrimination entre les citoyens selon les options spirituelles dans lesquelles ils se reconnaissent ? L’égalité républicaine se réduirait-elle pour lui à l’égalité des divers croyants, à l’exclusion des humanistes athées ou agnostiques ? Parler en l’occurrence de « toilettage » de la loi de séparation de 1905 est un euphémisme trompeur. Rétablir le financement public des cultes, c’est raturer un des deux articles de cette loi, inscrits sous la rubrique Principes. « La République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte » Renoncer à un principe sur deux, c’est plus que « toiletter » la loi. C’est l’abolir.

On ne peut en l’occurrence assimiler l’entretien du patrimoine historique et artistique constitué par les édifices du culte légués par l’histoire, et laissés en usufruit partiel aux associations cultuelles, à une règle de financement. Dans un état de droit, aucune loi n’est rétroactive. Depuis le premier janvier 1906, toute construction d’un nouveau lieu de culte est à la charge des seuls fidèles, quelle que soit la religion en jeu. Telle est la règle, et les entorses trop fréquentes qui la bafouent ne sauraient pas plus faire jurisprudence que le fait de griller les feux rouges n’appelle leur abolition.

 

Le rapport Machelon utilise le concept de liberté de religion, pour permettre le glissement du « libre exercice des cultes », garanti par le premier article de la loi, à la nécessité supposée de financer les cultes. Joli jeu de mots et vrai tour de passe-passe, qui risque de tromper. En République, seul l’intérêt général, commun à tous, portant sur les biens et besoins de portée universelle, mérite financement public. Or la religion n’est pas un service public, comme l’instruction, la culture ou la santé. Elle n’engage en effet que les fidèles, c’est-à-dire une partie des citoyens seulement. La puissance publique, dont les fonds résultent des impôts payés par des athées autant que par des croyants, n’a donc pas à financer les cultes, pas plus qu’elle n’aurait à financer la diffusion de l’athéisme.

 

Voyez ici l´inquiétude vive d´un républicain qui n´est pas décidé à admettre de nouveaux empiétements programmés contre la laïcité, à contre-courant des grandes conquêtes de l´esprit de liberté. La conscience citoyenne ne peut que s´insurger.

 

Dimanche 23 décembre 2007
par OLIVIER FRANCHETEAU
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Aujourd´hui les jeunes se moquent éperdument de la télévision. Toutes les études prouvent que le basculement de la TV vers Internet est sans équivoque. En passant sur le Web, les jeunes gèrent leurs programmes quand et comme ils veulent, un véritable menu à la carte avec un esprit communautaire omniprésent. Chats, blogs, Dailymotion et Facebook règnent superbement dans le royaume des 15-35 ans. A contrario d´une télévision qui montre qu’il n’y a rien à penser, le Net est dans l’affirmation de soi et dans une gestion relationnelle de l’affirmation de soi qu’il convient de défendre. On passe ainsi aisément de la passivité face à un écran finalement conçu pour promouvoir des produits de consommation (Patrick Le Lay a osé dire qu´il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible et que leurs émissions ont pour vocation (...) de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages, mais Patrick de Carolis aurait pu être l´auteur de cette fameuse déclaration tant les publicités envahissent les écrans de France Télévisions) à un comportement actif voire interactif  devant son ordinateur.
A regarder le programme concocté pour les fêtes sur le petit écran, on ne peut que donner raison aux jeunes. Les plus âgés zapperont sur la TNT pour éviter les rediffusions éculées du Père Noël est une ordure et autres programmes habituels comme le bêtisier ou le cirque de Monte-Carlo... Dois-je mentionner la litanie de téléfilms avec le mot Noël (j´en ai compté au moins 8 ! A croire qu´il suffit de taper Noël sur Internet dans le moteur de recherche pour faire une programmation thématique !) Et enfin France 2 outrepasse son rôle de chaîne publique  en diffusant la messe à minuit, et tant pis pour la laïcité … Joyeux Noël !

 

Vendredi 21 décembre 2007
par OLIVIER FRANCHETEAU
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Le soutien de l’art contemporain par le choix d’oeuvres originales et avant-gardistes est un des axes fondamentaux  de la politique culturelle dans le plus ancien quartier de Paris. Pour décrypter la politique culturelle d’arrondissement, il faut savoir que chaque maire doit tenir compte de la politique culturelle menée au niveau de l’ensemble de la municipalité parisienne pour élaborer celle de l’arrondissement. Chaque arrondissement doit ensuite définir sa spécificité et une approche originale. Sa politique culturelle doit être complémentaire de la politique parisienne et de la politique nationale. Le 4ème arrondissement apporte une originalité et une vitalité par rapport à la politique culturelle nationale car son équipe municipale prend des risques en matière artistique (actuellement Face 2 Face par JR  et Densité par Nathalie Junod-Ponsard*), pour soutenir des artistes contemporains peu connus, et souhaiterait être soutenue par la ville de Paris et l’Etat dans cette démarche. Sur le plan financier notamment car la question du financement demeure intacte. Les mairies  disposent d’un euro à peine par habitant, soit pour le 4ème, 30 000 euros par an. Que faire avec cette somme ? Les financements publics sont très faibles car l’échelon que représente un arrondissement n’intéresse pas l’Etat ou les collectivités territoriales. Reste à faire appel au mécénat.

* Sur la façade de l’édifice, la lumière se déplace en pourpre et jaune/vert, les fenêtres comme des écrans apparaissent et disparaissent. La lumière aux couleurs intenses et complémentaires redessine des formes géométriques dans l’architecture. La façade est redéfinie par des mouvements lumineux. Cette installation change notre perception, destinée à nous emmener vers des mirages. Cette innovation dans la création lumière se double d’une innovation technologique. En effet, le système d’éclairage retenu a une consommation économe et écologique. Nathalie Junod-Ponsard, artiste internationale, de surcroît habitante du 4e, s’est notamment distinguée par son installation marquante Deep Water, un espace sans sommeil dans la piscine Pontoise à Paris pour la 1ère Nuit Blanche en octobre 2002 ainsi que par des expositions internationales à la Fondation Bauhaus Dessau en 2004 ou au Centre Pompidou en 2005.
Jusqu’au 15 janvier 2008 à la tombée de la nuit - 2 place Baudoyer - M° Hôtel de Ville, St Paul et Pont-Marie
 

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Mardi 18 décembre 2007
par OLIVIER FRANCHETEAU
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Dominique Bertinotti, maire du 4e arrondissement de Paris et maître de conférence en histoire contemporaine, évoque avec justesse le passé du parti socialiste, le Congrès d’Epinay, le parti communiste, le marxisme, la chute du mur de Berlin, Ségolène Royal... pour finir sur la rénovation.   

Dominique Bertinotti 1 La Rochelle 2007

Dominique Bertinotti 2 La Rochelle 2007

 

Samedi 15 décembre 2007
par OLIVIER FRANCHETEAU
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Quelles similitudes entre une bande dessinée et la Shoah ? « Zakhor » (souviens-toi, en hébreu) apparaît 169 fois dans le texte biblique, comme si les sages, qui allaient composer le Livre des livres, avaient pressenti le rôle primordial dévolu à la mémoire dans le destin d’un peuple appelé à la dispersion et à l’exil.

Art Spiegelman est le fils d’un des survivants des ghettos polonais. Né à Stockholm en 1948, il vit à New York et dessine des BD. Ses dessins ont été exposés au Museum of Modern Art ainsi que dans des galeries américaines et européennes. Maus, son livre, efface de notre souvenir les récits déjà entendus de la Shoah  pour leur substituer un montage neuf, contemporain et fort. Maus lui a valu, entre autres distinctions, une bourse Guggenheim, une nomination au National Book Circle Award, et en 1992, un prix Pulitzer, ainsi que L’Alph-Art du festival d’Angoulême en 1993...

En regroupant 230 planches, dessins originaux et archives, l’exposition De Superman au Chat du rabbin évoque les grandes œuvres liées au judaïsme. Des premiers comics strips publiés entre 1890 et 1930 dans les journaux yiddish et anglophones aux Etats-Unis, jusqu’aux auteurs de Superman, Batman et Captain America, ou encore Will Eisner, qui fut l’un de pionniers du roman graphique américain. On y retrouve bien sûr Art Spiegelman et le bouleversant Maus, l’éclectique Joann Sfar, qui explore son histoire familiale dans le célèbre Chat du rabbin ou le chatoyant Klezmer. Un beau programme qui souligne l’importance des artistes juifs dans la bande dessinée.

Jusqu’au 27 janvier au Musée d’art et d‘histoire du judaïsme

Hôtel de St Aignan, 71 rue du Temple dans le 3ème

Tél. 01 53 01 86 53

www.mahj.org

Vendredi 14 décembre 2007
par OLIVIER FRANCHETEAU
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bandeauambitions-1-.jpg  Soutenez la campagne de Dominique Bertinotti pour les municipales dans le 4e en vous exprimant sur les forums du site www.ambitions4e.fr

Soutenez Dominique Bertinotti
Vidéo envoyée par Olivier-Francheteau

Jeudi 13 décembre 2007
par OLIVIER FRANCHETEAU
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Tout a été dit sur la venue de Kadhafi en France. Aussi me suis-je interrogé longuement sur la pertinence de mon point de vue bien entendu hostile sur cette visite fortement désirée par Sarkozy, qui veut gérer la France comme une entreprise. En lisant Ma plus belle histoire, c´est vous de Ségolène Royal, je suis tombé sur une citation d´Albert Camus qui résume merveilleusement tous les commentaires publiés dans la presse et sur le Net :
 "Je ne puis croire qu´il faille
 tout asservir au but que l´on poursuit. Il est des moyens qui ne s´excusent pas."

Mercredi 12 décembre 2007
par OLIVIER FRANCHETEAU
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Présentation

  • : Olivier Francheteau
  • : Notes culturelles et politiques
  • : 21/11/2007
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Indiscrétions

  • olivier-francheteau
  • : Directeur adjoint dans une MJC (programmateur de spectacles, communication & coordination), secrétaire adjoint du CA du Théâtre de la Marionnette à Paris et militant socialiste (colistier de Dominique Bertinotti pour les municipales dans le 4e).

Agenda

Paris quartier d'été
Musique, danse, théâtre, cirque, poésie, cinéma, performance, hors-piste
Jusqu'au 15 août

Dots obsession
Installation de l'artiste japonaise Yayoi Kusuma
Jusqu'au 17 août à la grande Halle du parc de la Villette, Paris 19e



Le Latina fait son (f)estival

Rétrospective en 60 films des années 1950 à nos jours
. Jusqu'au 26 août au cinéma Latina Paris 4e


Exposition Annie Leibovitz
Jusqu´au 14 septembre
MEP, 5/7 rue de Fourcy dans le 4e

Miroslav Tichy
Exposition du photographe tchèque au Centre Pompidou dans le 4e
Jusqu'au 22 septembre

Conseil d'arrondissement 
Mardi 23 septembre, 19h
Mairie du 4e
Salle des mariages 



Vide grenier dans le 4e
Dimanche 28 septembre 9h/19h
Places st Gervais & Baudoyer
Rues des Barres et du Grenier sur l'eau

Tam Tam les dessous de la marionnette
Semaine nationale de la marionnette
14-18 octobre 

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