Nicolas Sarkozy
La tolérance de laisser s'exprimer un avis contraire par exemple ?
Dans un communiqué publié ci-dessous, l'association Act Up Paris fait état d'une plainte que l'UMP vient de déposer à l'encontre de trois de ses militants. Trois membres de l'association avaient été expulsés du Conseil National de l'UMP en janvier dernier après avoir perturbé un discours de Nicolas Sarkozy. Ces militants voulaient dénoncer l'investiture de Christian Vanneste par l'UMP. 4 mois plus tard, le président est au plus bas dans les sondages, et veut trouver des boucs émissaires et satisfaire en même temps l'électorat d'extrême droite. Act Up et l'AFP en font les frais. Nicolas Sarkozy accuse la presse de ne pas se comporter comme la presse russe... L'UMP rêverait-elle d'un régime capitaliste chinois, c'est à dire enrichir le patronat sur le dos de la population et brimer toute forme d'expression libre ?
Après avoir soutenu Vanneste, fiché les homos (Ardoise finalement annulé), retiré la nationalité française à un homo, l´UMP, qui refuse encore l'égalité des droits pour les couples homos avec le mariage, persiste et signe en portant plainte contre Act Up. L´UMP, comme il a été antérieurement dit sur ce site pendant les municipales, affiche fièrement son homophobie.
Communiqué de presse d´Act-Up :
Des membres d’Act Up auditionnés par la police
Homophobie : l’UMP a porté plainte contre des militants qui rappelaient Sarkozy à ses promesses
Trois militants d’Act Up-Paris sont convoqués au Commissariat central du 15ème arrondissement au début du mois de mai pour y être entendus sur l’interpellation de Nicolas Sarkozy le 12 janvier 2008 lors du conseil national de l’UMP, à propos du « soutien plein et entier », de l’investiture par l’UMP, de Christian Vanneste, malgré sa condamnation pour homophobie et la promesse jamais tenue de Nicolas Sarkozy de sanction envers le député. Alors que le chef de l’Etat s’exprimait sur « le refus du sectarisme et la pratique de la tolérance » les militants l’ont interpellé au cris de « Vanneste Homophobe : UMP, Sarkozy, complices ». La réaction d’alors de Nicolas Sarkozy fut le mépris, la réponse apportée aujourd’hui est un engrenage répressif (les militants ont déjà subi une garde à vue de 10 heures) où la volonté de faire taire la voix des militants est palpable.
Voir une vidéo de l’action : http://latelelibre.fr
Act Up-Paris entendait dénoncer l’hypocrisie mensongère et le double jeu de Nicolas Sarkozy : candidat, il « condamnait fermement les propos » du député UMP et assurait que celui-ci « ne serait pas réinvesti aux législatives » ; Président de la République, il a par deux fois renié son engagement de rompre avec celui qui a été condamné en appel pour propos homophobes. Et que dire des deux porte-paroles de l’UMP de l’époque, Valérie Pécresse et Luc Châtel, aujourd’hui ministres, qui nous juraient la main sur le coeur que l’UMP ne pouvait tolérer de tels propos ?
Christian Vanneste n’avait effectivement pas été réinvesti par l’UMP lors des dernières élections législatives. Mais le parti présidentiel n’avait pas non plus présenté de candidat face à lui dans la 10ème circonscription du Nord. Celui-ci s’était présenté sous l’étiquette du Centre National des Indépendants (CNI), parti associé à l’UMP. Le tour était joué, Christian Vanneste fut réélu sans difficulté.
Lors des dernières élections municipales, Christian Vanneste a cependant obtenu l’investiture du parti de la majorité, qui plus est à Tourcoing, ville importante dans l’équilibre politique du Nord. Région marquée par la violente agression homophobe dont a été victime Sébastien Nouchet le 16 janvier 2004.
Aujourd’hui, plusieurs mois après les faits et alors que les élections municipales sont derrière nous, l’UMP porte plainte contre nous. Pour avoir voulu mettre au jour le non-respect de l’engagement politique de celui qui avait assuré, pendant sa campagne, être à l’écoute de certaines revendications de la communauté LGBT, le chantre de la confrontation et du débat.
Nous dénonçons cette tentative de pénalisation des actions militantes. Act Up-Paris a subi de plein fouet, ces dernières années, cette nouvelle forme judiciarisée de traitement de la contestation politique. Elle consiste, pour nos adversaires, à nous traîner devant les tribunaux pour ne pas avoir à répondre sur le plan politique de leurs actes et de leurs discours.
Est-ce vraiment la seule réponse que le pouvoir en place est capable d’apporter aux revendications d’égalité des droits et de lutte contre l’homophobie ?
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