« Un président de la République c'est quelqu'un qui refuse le sectarisme et c'est quelqu'un qui pratique la tolérance ».
Nicolas Sarkozy 

La tolérance de laisser s'exprimer un avis contraire par exemple ? 

Dans un communiqué publié ci-dessous, l'association Act Up Paris fait état d'une plainte que l'UMP vient de déposer à l'encontre de trois de ses militants. Trois membres de l'association avaient été expulsés du Conseil National de l'UMP en janvier dernier après avoir perturbé un discours de Nicolas Sarkozy. Ces militants voulaient dénoncer l'investiture de Christian Vanneste par l'UMP. 4 mois plus tard, le président est au plus bas dans les sondages, et veut trouver des boucs émissaires et satisfaire en même temps l'électorat d'extrême droite. Act Up et l'AFP en font les frais. Nicolas Sarkozy accuse la presse de ne pas se comporter comme la presse russe... L'UMP rêverait-elle d'un régime capitaliste chinois, c'est à dire enrichir le patronat sur le dos de la population et brimer toute forme d'expression libre ? 

Après avoir soutenu Vanneste,  fiché les homos (Ardoise finalement annulé), retiré la nationalité française à un homo, l´UMP, qui refuse encore l'égalité des droits pour les couples homos avec le mariage, persiste et signe en portant plainte contre Act Up. L´UMP, comme il a été antérieurement dit sur ce site pendant  les municipales, affiche fièrement son homophobie.

Communiqué de presse d´Act-Up :

Des membres d’Act Up auditionnés par la police

Homophobie : l’UMP a porté plainte contre des militants qui rappelaient Sarkozy à ses promesses

Trois militants d’Act Up-Paris sont convoqués au Commissariat central du 15ème arrondissement au début du mois de mai pour y être entendus sur l’interpellation de Nicolas Sarkozy le 12 janvier 2008 lors du conseil national de l’UMP, à propos du « soutien plein et entier », de l’investiture par l’UMP, de Christian Vanneste, malgré sa condamnation pour homophobie et la promesse jamais tenue de Nicolas Sarkozy de sanction envers le député. Alors que le chef de l’Etat s’exprimait sur « le refus du sectarisme et la pratique de la tolérance » les militants l’ont interpellé au cris de « Vanneste Homophobe : UMP, Sarkozy, complices ». La réaction d’alors de Nicolas Sarkozy fut le mépris, la réponse apportée aujourd’hui est un engrenage répressif (les militants ont déjà subi une garde à vue de 10 heures) où la volonté de faire taire la voix des militants est palpable.

Voir une vidéo de l’action : http://latelelibre.fr

Act Up-Paris entendait dénoncer l’hypocrisie mensongère et le double jeu de Nicolas Sarkozy : candidat, il « condamnait fermement les propos » du député UMP et assurait que celui-ci « ne serait pas réinvesti aux législatives » ; Président de la République, il a par deux fois renié son engagement de rompre avec celui qui a été condamné en appel pour propos homophobes. Et que dire des deux porte-paroles de l’UMP de l’époque, Valérie Pécresse et Luc Châtel, aujourd’hui ministres, qui nous juraient la main sur le coeur que l’UMP ne pouvait tolérer de tels propos ?

Christian Vanneste n’avait effectivement pas été réinvesti par l’UMP lors des dernières élections législatives. Mais le parti présidentiel n’avait pas non plus présenté de candidat face à lui dans la 10ème circonscription du Nord. Celui-ci s’était présenté sous l’étiquette du Centre National des Indépendants (CNI), parti associé à l’UMP. Le tour était joué, Christian Vanneste fut réélu sans difficulté.

Lors des dernières élections municipales, Christian Vanneste a cependant obtenu l’investiture du parti de la majorité, qui plus est à Tourcoing, ville importante dans l’équilibre politique du Nord. Région marquée par la violente agression homophobe dont a été victime Sébastien Nouchet le 16 janvier 2004.

Aujourd’hui, plusieurs mois après les faits et alors que les élections municipales sont derrière nous, l’UMP porte plainte contre nous. Pour avoir voulu mettre au jour le non-respect de l’engagement politique de celui qui avait assuré, pendant sa campagne, être à l’écoute de certaines revendications de la communauté LGBT, le chantre de la confrontation et du débat.

Nous dénonçons cette tentative de pénalisation des actions militantes. Act Up-Paris a subi de plein fouet, ces dernières années, cette nouvelle forme judiciarisée de traitement de la contestation politique. Elle consiste, pour nos adversaires, à nous traîner devant les tribunaux pour ne pas avoir à répondre sur le plan politique de leurs actes et de leurs discours.

Est-ce vraiment la seule réponse que le pouvoir en place est capable d’apporter aux revendications d’égalité des droits et de lutte contre l’homophobie ?

 

Lundi 12 mai 2008
par Olivier FRANCHETEAU
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L´édito d´André Rouillé de Paris-art.com analyse les rapports de Eric Gross et de Martin Bethenod, et tire la sonnette d´alarme !

Au secours ! L’art et la culture sont en danger ! Ce qui se préparait depuis un moment avec une discrète opiniâtreté dans les hautes sphères de la politique, dans les officines du marketing et dans les industries de programmes culturels, devient aujourd’hui religion d’État. De circulaires ministérielles en rapports sur l’éducation et la culture, et sous l’avalanche des coupes sombres dans les budgets, une évidence s’impose : on a changé d’époque. La dernière élection présidentielle a distendu encore les liens qui relient la France à sa gloire culturelle et intellectuelle passée, à ces pauvres vestiges que certains s’évertuent encore à qualifier pompeusement d’«exception culturelle». Fallait-il que cette rupture culturelle fût politiquement importante pour que, le soir même du scrutin, le chef de l’État, accompagné de ses amis Jean-Marie Bigard et Johnny Hallyday, sonne lui-même la curée.

Si, à l’évidence, le beau slogan de «démocratie culturelle» n’était pas fait pour durer longtemps après la campagne électorale, il a toutefois servi d’argument — ou de rideau de fumée — à la lettre de mission adressée à la Ministre de la Culture (1er août 2007). «Votre première mission sera de mettre en œuvre l’objectif de démocratisation culturelle. Celle-ci a globalement échoué parce qu’elle ne s’est appuyée ni sur l’école, ni sur les médias, et que la politique culturelle s’est davantage attachée à augmenter l’offre qu’à élargir les publics». Avec cette précision : «La démocratisation culturelle, c’est enfin veiller à ce que les aides publiques à la création favorisent une offre répondant aux attentes du public». Le message est clair. On redéfinit la notion de «démocratisation culturelle», qui a prévalu en France depuis le début des années 1980, en la plaçant au carrefour des ministères de la Culture et de l’Éducation nationale (ce qui donnera lieu au rapport d’Éric Gross), des médias (on verra…), et surtout d’un retournement total du type d’attention accordé à la création.
 
Désormais, c’est en termes économiques d’«offre», de  «publics» et de demande («les attentes du public») que la République parle des œuvres de création. Plus encore : la consommation prévaut aujourd’hui sur la production. Et l’art est mis sans vergogne à l’unisson du marché mondial.
 
Sous le règne du marketing et de la financiarisation de l’économie ; à l’époque où l’on ferme les usines et où la publicité construit le mirage d’un monde enchanté par la consommation; dès lors que le temps court de l’achat prévaut sur le temps long du faire ; aujourd’hui que les flux d’argent et d’informations ont remplacé la consistance et les lenteurs des choses, et que les réseaux sont devenus le lieu déterritorialisé de l’économie contemporaine ; dans cette situation qui est celle du XXIe siècle naissant, il n’est guère surprenant que les héros appliqués du libéralisme au pouvoir pensent ainsi l’art, la culture et la pensée: à l’envers.

Martin Bethenod peut ainsi, à la demande de la ministre de la Culture, signer un rapport énonçant un ensemble de «Propositions en faveur du développement du marché de l’art en France», qui n’est guère qu’un lancinant ânonnement de la vulgate libérale en matière d’art et de marché de l’art. Comment pouvait-il en être autrement de la part d’un responsable de foire internationale d’art (la Fiac) qui prouve ici son incapacité à dépasser les limites de sa fonction : l’univers magique de la pure consommation artistique, ce théâtre cossu et douillet du marché de l’art entièrement dévolu à ce petit monde hors du monde que sont les collectionneurs. 

Le rapport se concentre en effet, jusqu’à la caricature, sur deux uniques questions : 1° «Développer les collections privées» ; 2° «Améliorer la compétitivité du marché français». Le tout adossé à cet axiome, usé à force d’avoir été démenti, selon lequel «un marché dynamique et soulagé de certains prélèvements est l’assurance de revenus pour les artistes».

C’est d’un art sans artistes dont il est question. Un art sans autre  public que le petit cercle des riches collectionneurs internationaux qui sillonnent la planète de foires en salles de ventes, ou qui spéculent à distance. Un art-marchandise aveugle et sourd aux artistes autant qu’au public — la Fiac (Foire internationale d’art contemporain) ne fixe-t-elle pas son prix d’entrée  à un niveau volontairement élevé pour décourager les visiteurs modestes dont le nombre pourrait importuner les collectionneurs en action et freiner les ventes. Bel exemple de «démocratie culturelle». Plus sensible aux lois du marché qu’aux règles de l’art, le regard-spéculateur ne voit que des choses à acheter et à vendre, en restant largement indifférent aux conditions matérielles et sociales de production des œuvres, et à la vie de l’art. Ce regard artistiquement superficiel suit les voies de moindres obstacles fiscaux plus volontiers que les chemins escarpés et chaotiques de la production artistique. Ce regard-spéculateur des collectionneurs d’aujourd’hui est aux antipodes du regard-investisseur des mécènes, et bien sûr du regard-producteur des artistes, et du regard-amateur du public pour qui la valeur esthétique des œuvres n’est pas brouillée par leur valeur marchande.
Le marché sans artistes que présente le rapport Martin Bethenod se conjugue avec l’école sans art esquissée par le rapport qu’Éric Gross, inspecteur général de l’Éducation nationale, a rédigé en direction des ministères de l’Éducation nationale et de la Culture dans le but de «renouveler et renforcer le partenariat Éducation-Culture-collectivités locales en faveur de l’éducation artistique et culturelle».

Une école sans art ? C’est manifestement ce qui, sous le rideau de fumée d’un rapprochement de l’Éducation et de la Culture, se profile derrière le rapport d’Éric Gross qui préconise de passer de l’actuelle «éducation artistique donnée à l’école et par l’école» au modèle nouveau d’une «éducation à la culture donnée par la culture», c’est-à-dire par «les collectivités locales, un grand nombre d’acteurs associatifs mais aussi des industries de création» associées dans un «partenariat d’égal concours», dans une «quasi égalité de jeu et d’importance». En d’autres termes, face aux «enseignements artistiques dispensés à l’école» dans des conditions parfaitement définies par des professeurs dûment qualifiés et diplômés, le projet consiste à dresser la nébuleuse d’une «formation culturelle proposée hors de l’école» par des acteurs hétéroclites aux qualifications incertaines et aux desseins sans doute plus commerciaux qu’éducatifs. Avec la notion nouvelle d’«éducation artistique et culturelle», on assiste en fait à une double dilution de l’actuel art à l’école: 1° à l’intérieur de l’école, cette éducation n’étant plus seulement «artistique» sera dispensée par tous les enseignants, y compris ceux de mathématiques, qui seront invités à faire valoir la dimension culturelle de leur discipline ; 2° à l’extérieur de l’école, un large panel d’acteurs sans aucune garantie de compétence, de méthode, et d’objectif, vendra des formations culturelles aux familles auxquelles Éric Gross conseille d’utiliser à cet effet «le crédit d’impôt et le paiement par chèque emploi service» !…

Ce beau montage vise moins à instaurer une collaboration entre l’Éducation et la Culture pour promouvoir l’art à l’école qu’à permettre à l’Éducation de diluer l’art dans la culture, de liquider à terme le corps des professeurs d’arts plastiques, de priver l’école de leurs compétences pratiques, historiques et pédagogiques, et d’abandonner les jeunes à des formations payantes plus proches du divertissement ou de l’animation que d’une véritable éducation artistique.

Est-ce à ce régime que la France compte combler son déficit de visibilité sur la scène artistique internationale, et tout simplement transmettre aux nouvelles générations l’amour de l’art. Au secours !...

André Rouillé

Lire
— 
Un enjeu reformulé, une responsabilité devenue commune. Vingt propositions et huit recommandations pour renouveler et renforcer le partenariat Education -Culture-collectivités locales en faveur de l'éducation artistique et culturelle. Par Éric Gross, 14 décembre 2007.

— 
Propositions en faveur du développement du marché de l’art en France. Rapport remis à Christine Albanel, ministre de la Culture et de la communication par Martin Bethenod.

Dimanche 11 mai 2008
par Olivier FRANCHETEAU
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Que retenir du sarkozysme après une première année écoulée ? La rupture fièrement annoncée se traduit surtout par la forme. Il aura suffi de quelques heures après son élection pour que la France ding ding, celle qui a voté en masse pour Sarkozy, découvre le vrai visage du président définitivement bling bling. Le luxe, le vulgarité, l´argent, la peopilsation feront couler alors beaucop d´encre dans les médias séduits dans un premier temps par cette image inédite pour une présidence. On pense à un film médiocre de Woody Allen Escrocs mais pas trop, dans lequel tout s´achète sauf la culture et le savoir-vivre...
A l´occasion de ce triste anniversaire, Rue 89 dresse le bilan des promesses du président de la France, anciennement connue et appréciée pour le respect des Droits de l´Homme, et son raffinement.
LES PROMESSES TENUES

Principale des réussites de Nicolas Sarkozy relevée chaque fois qu'il est question de son bilan: avoir fait ratifier par la France le mini-traité européen ou Traité de Lisbonne. Les nonistes de 2005 sont restés farouchement opposés à ce qu'ils considèrent être le même texte que la Constitution européenne rejetée alors par référendum, mais le nouveau texte a eu au moins le mérite de sortir l'Union européenne du blocage dans lequel elle se trouvait depuis deux ans, en raison notamment de l'absence de véritable "plan B".

En politique intérieure, le chef de l'Etat peut se targuer d'avoir relégué au second plan ce qui était depuis deux décennies la préoccupation première des Français: le chômage, descendu à 7,5% de la population active. Attention cependant à ne pas y voir une victoire imputable à la seule politique gouvernementale: cette baisse, qui a commencé il y a plusieurs années, répond avant tout à une mécanique démographique, les "babyboomers" arrivant à l'âge de la retraite. Et, selon l'Insee, le taux de chômage devrait stagner cette année, alors qu'on s'attendait encore, il y a quelques mois, à la poursuite de sa baisse.

Ouvert mais ferme, c'est avec cette manière paradoxale de mener le dialogue social que Nicolas Sarkozy a fait adopter avec succès plusieurs réformes promises pourtant à une impopularité certaine. Trois particulièrement ont été adoptées après une période de tension qui aurait pu être à l'origine de grèves bien plus problématiques:

► La réforme des universités. Elle fut d'abord négociée entre les syndicats étudiants et la ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse. Il a fallu l'intervention du Président l'été dernier pour freiner les velléités de la seconde et satisfaire les premiers. Finalement, ni sélection à l'entrée du master ni augmentation des frais d'inscription, mais toutes les universités "dans un délai de cinq ans" devront accéder à l'autonomie dans les domaines budgétaire et de gestion de leurs ressources humaines.

► La loi sur le service minimum. Plusieurs milliers de personnes ont défilé partout en France le 31 juillet pour exprimer leur opposition au texte, mais il a finalement été adopté le 2 août, dernier jour de la session extraordinaire du Parlement. La "loi instaurant le service minimum dans les transports publics terrestres" n'est cependant qu'une loi-cadre et des accords d'entreprise ou de branche sont indispensables à son application. Le combat ne s'annonce pas moins intense dans les prochains jours avec la volonté du gouvernement d'expérimenter le service minimum d'accueil dans les écoles primaires à l'occasion de la grève des enseignants du 15 mai.

► La réforme des régimes spéciaux de retraite. Ce qu'Alain Juppé avait échoué à faire en 1995, Nicolas Sarkozy y est parvenu douze ans plus tard. Après neuf jours de grève dans les transports parisiens et à la SNCF, le mouvement est suspendu et les principales organisations syndicales acceptent de s'assoir autour d'une table pour négocier. La réforme est signée. La durée de cotisation passera de 37,5 à 40 ans dès 2012, et sera de 41 ans en 2016.

Un dialogue plus difficile n'empêche toutefois pas les réformes d'être adoptées. Soulevant la colère dans la quasi totalité des milieux juridiques et judiciaires, la réforme de la carte judiciaire, emmenée par la Garde des Sceaux Rachida Dati, est sur les rails, malgré la suppression annoncée de quelque 250 tribunaux. Idem concernant les franchises médicales (50 centimes d'euro par boîte de médicaments et par acte paramédical, 2 euros par transport sanitaire, dans la limite de 50 euros par an), qui suscitent toujours des manifestations malgré leur entrée en vigueur le 1er janvier. Moins importants que prévus, eux, les non remplacements de fonctionnairesseront tout de même de un sur trois en 2008 (22900 postes en moins). Ce n'est qu'en 2009 que sera atteint l'objectif promis de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite.

LES PROMESSES PARTIELLEMENT TENUES

Victime de ses effets d'annonce, le Président n'a pu tenir qu'en partie nombre de promesses effectuées par le candidat. A force de confondre volontarisme et précipitation, il s'est pris les pieds dans le tapis dans presque tous les domaines, tout en parvenant à sauver les apparences.

"Je gouvernerai avec un gouvernement resserré", promettait ainsi le projet présidentiel du candidat de l'UMP, en plus de prévoir un gouvernement paritaire et ouvert. Un an et deux remaniements plus tard, il n'en reste pas grande trace. Quinze ministres, huit hommes, sept femmes, des socialistes et des centristes, le compte était presque bon le 18 mai. Mais deux engraissements successifs ont plombé la volonté initiale. Depuis la défaite aux municipales, le gouvernement est composé de 38 membres, dont seulement treize femmes, et a n'a été augmenté ou modifié qu'au profit de fidèles du Président.

Volontariste, Nicolas Sarkozy l'était également à l'égard des otages faisant les gros titres de l'actualité. Après huit ans de captivité en Lybie, le chef de l'Etat, avec son épouse Cécilia Sarkozy, parvient à faire libérer les cinq infirmières bulgares et le médecin d'origine palestinienne accusés d'avoir inoculé le virus du Sida à plusieurs centaines d'enfants. Mais à quel prix? La promesse en contrepartie de la construction d'une centrale nucléaire, notamment, a choqué.

Le président de la République n'a toutefois pas réussi à mettre fin au calvaire d'Ingrid Betancourt. La Franco-Colombienne demeure entre les mains des Farc (Forces armées révolutionnaires de Colombie). Même si ses méthodes sont parfois contestées, Nicolas Sarkozy ne ménage pas ses efforts sur ce dossier: messages vidéos et envoi d'une mission humanitaires en constituent la partie visible.

L'école fournit également deux des illustrations les plus patentes. Certains enseignants ont refusé de se plier à sa demande de faire lire la lettre de Guy Môquet, jeune résistant communiste, dans tous les lycées de France. Et, devant le tollé provoqué, Nicolas Sarkozy a été contraint d'assouplir sa volonté de faire parrainer par les élèves de CM2 les 11000 enfants français victimes de la Shoah dès la rentrée 2008.

Plus loin de ces symboles à l'école, au niveau institutionnel ou sur le plan international, c'est en politique intérieure que le pensionnaire de l'Elysée rencontre le plus de difficultés à obtenir pleinement satisfaction sur les chantiers ouverts:

► La loi sur la récidive. Le texte prévoit des peines plancher pour les récidivistes et des remises en cause de l'excuse de minorité, mais le Conseil constitutionnel a censuré la possibilité de placer en détention les criminels restés dangereux à l'issue de leur peine pour les condamnations prononcées avant l'adoption de la loi. Faisant peu de cas de la décision de l'instance suprême, Nicolas Sarkozy a tenté, en vain, de contourner cette interdiction.

► La loi sur l'immigration. Enième texte sur le sujet initié par Nicolas Sarkozy, il a provoqué une polémique concentrée sur un seul et même article: l'amendement ADN prévoyant la possibilité de recourir à des tests génétiques pour permettre le regroupement familial. Jusqu'au sein de la majorité des élus s'en sont indignés. Il a finalement été adopté, mais vidé de sa substance.

► Le Grenelle de l'environnement. Après plusieurs mois de réunions consultatives, le chef de l'Etat a présenté le 25 octobre les conclusions du Grenelle de l'environnement, un des points forts de son projet présidentiel. Saluées par les associations écologistes, elles doivent encore être traduites dans la loi. Motif de satisfaction: le gouvernement a déjà activé, suivant le principe de précaution, la clause de sauvegarde concernant le seul OGM cultivé en France, le maïs Monsanto MON810. Source d'inquiétude: le projet de loi encadrant la culture des OGM, actuellement en débat au Parlement, suscite l'inquiétude de ces mêmes associations.

► Plan banlieue et RSA. Fadela Amara, secrétaire d'Etat à la Politique de la ville, et Martin Hirsch, haut commissaire aux Solidarités actives, ont de nombreux points communs: faire partie des membres du gouvernement dits "d'ouverture", avoir comme objectif de réaliser une mission quasi unique, et connaître les pires difficultés pour y parvenir. Le plan banlieue de Fadela Amara a été maintes fois repoussé pour cause officiellement d'insuffisances, officieusement de freinages d'autres ministères. Le financement du Revenu de solidarité active de Martin Hirsch a, lui aussi, longtemps été incertain, avant que le Président n'annonce le 24 avril qu'il débloquera "un milliard, un milliard et demi", quand le haut commissaire en réclame le double, et que l'argent proviendra en partie du redéploiement partiel de la prime pour l'emploi.

LES PROMESSES NON TENUES

C'est la première chose à laquelle on pense quand on parle bilan: l'économie. Et c'est un échec. Le "président du pouvoir d'achat" n'habite pas à l'Elysée. En plus de l'absence de résultats de loi Tepa, le prix du carburant et des denrées de première nécessité flambe. Comme pour s'en excuser, Nicolas Sarkozy a confié qu'il n'était pas "le Père Noël". Insuffisant, lui répondent les Français qui font chaque mois de moins en moins confiance, d'après les enquêtes d'opinion, à celui qui n'avait qu'un slogan à la bouche: "Travailler plus pour gagner plus!"

Incarnation de cette impuissance: le sauvetage raté de l'aciérie de Gandrange en Moselle. "On va se battre, vous n'êtes pas seuls", promettait Nicolas Sarkozy aux ouvriers, le 4 février. La direction d'ArcelorMittal, propriétaire du site, refuse toujours de vendre à un repreneur; et licenciements et reclassement prévus sont encore en vigueur.

Il jurait d'aller "chercher la croissance avec les dents", il est donc en passe de se les casser. Le gouvernement annonce une faible prévision de croissance, entre 1,7% et 2% pour 2008, et Bruxelles le somme même de la réviser encore à la baisse. Ce ne sont pas non plus les chiffres du Budget qui rassureront: le déficit public de la France pour 2009 a été récemment revu à la hausse à 2,0% du PIB, contre 1,7% prévu initialement. Pour y remédier, Nicolas Sarkozy a fait appel aux lumières de Jacques Attali, mais ses 316 propositions pour "libérer la croissance" mécontentent jusque dans les rangs de la majorité.

La diplomatie est l'autre épine majeure dans le pied qui fait boiter Nicolas Sarkozy. Il avait promis de ne pas suivre le chemin de la diplomatie de l'ère Chirac, il emboîte dans les faits le pas à son prédécesseur, quand il ne va pas encore plus loin, notamment dans quatre dossiers:

► La Russie. Nicolas Sarkozy assurait ne pas pouvoir serrer la main de Vladimir Poutine. Non seulement il n'a pas rechigné à le faire, mais il a ensuite été l'un des rares chefs d'Etat à décrocher son téléphone, début décembre, pour le féliciter de la victoire de son parti aux élections législatives. Des élections dont le bon déroulement a provoqué les "inquiétudes" de l'UE et de l'OSCE.

► La Libye. En plus d'avoir promis d'équiper la Lybie lors de la libération des infirmières bulgares, le président de la République a accueilli le général Kadhafi en visite officielle en France, mi-décembre, pour quatre jours qui ont viré au supplice. Mensonge à la clé: le Guide n'a pas signé pour dix milliards d'euros de contrats, comme annoncé alors par l'Elysée.

► La Françafrique. Directement inspiré par les conseillers du Président, l'appel de Jean-Marie Bockel à signer "l'acte de décès de la Françafrique" lui a coûté sa tête. Le secrétaire d'Etat à la Coopération et à la Francophonie a été relégué aux Anciens combattants lors du remaniement gouvernemental du mois de mars. Omar Bongo, le président gabonais qui réclamait sa tête, a parlé de "bonne nouvelle".

► L'Afghanistan. Alors que le candidat Sarkozy se disait favorable au retrait des forces françaises d'Afghanistan, le Président a annoncé le 26 mars, devant le Parlement britannique, l'envoi sur place de 700 militaires français supplémentaires. Avant de se justifier un mois plus tard, au cours de sa dernière interview télévisée: "Ce n'est pas une guerre, puisque l'immense majorité des Afghans ont besoin de la coalition qui se trouve sur place."

Au final, un an après l'élection présidentielle, l'action de Nicolas Sarkozy peine à convaincre. Pire, elle suscite des inquiétudes. Selon un sondage CSA paru samedi dans l'hebdomadaire Marianne, 62% des personnes interrogées pensent que la France va traverser une grave crise d'ici la fin du quinquennat. 
Jeudi 8 mai 2008
par Olivier FRANCHETEAU
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Les Vendéens sont-ils homophobes ? ll est manifestement évident qu´ils ne sont pas accoutumés à voir 2 hommes ensemble à en juger les nombreux regards intrigués sur mon ami et moi à St Gilles Croix de Vie, le long du port et dans un restaurant. Des extra-terrestres n´auraient pas attiré davantage  l´attention ! Aussi, le thème de cette note tombe-t-il pile poil, sauf que l´on pourra déplorer l´absence de manifestation contre l´homophobie en Vendée. Ce qui n´étonne guère ; non qu´il n´y ait pas de gays dans le département de Philippe de Villiers, mais leur visibilité reste ultra confidentielle. Au pays du Puy du fou, le conformisme social règne souverainement et étouffe plus que jamais toute vélleité de revendication et d´affirmation. La culture qui pourrait faire évoluer les moeurs reste majoritairement dans la célébration du passé et n´épouse aucune cause sociale ou contemporaine (excepté au Grand R, la scène nationale de la Roche sur Yon). D´oú l´impérieuse nécessité de médiatiser cette journée mondiale contre l´homophobie, en espérant que Ouest France en parle...

A quelques jours de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie, prévue comme chaque année le 17 mai, le Comité IDAHO entend diffuser le programme des actions prévues en France. Débats, projections, expositions, concerts… cette année, ce sont plus de 120 événements qui auront lieu, dans plus de 40 villes, d’Albi à Vitré, en passant par Arras et Montpellier, Nouméa et Aubervilliers, Paris ou encore Grenoble.
 

La lesbophobie étant le thème choisi pour cette année, deux enquêtes nationales inédites sur les lesbiennes seront publiées à cette occasion, l’une par l’Autre Cercle, l’autre par SOS Homophobie : leurs résultats inédits et complémentaires permettront de mieux cerner, chiffres à l’appui, les contours de cette question sociale trop souvent négligée. Par ailleurs, le colloque annuel du Comité IDAHO se tiendra à l’Assemblée nationale, le vendredi 16 mai, à partir de 13h30, sur le thème « Mouvements lesbiens, mouvements féministes, 1968-2008 » (réservation obligatoire avant le 13 mai).

Avec tous ces événements, cette 4e édition de la Journée promet donc d’être particulièrement riche…

Contact presse : Louis-Georges Tin, Fondateur de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie, tinluigi@aol, 06 19 45 45 52

Programme parisien :

-15 mai : 20h, Centre LGBT de Paris-Île de France, 63 rue Beaubourg, le Chorégraphe Redha et les ballets Redha proposent un happening interactif autour de l’homophobie. Danses, images et informations. Un rendez-vous sensuel, viscéral, inédit et immanquable.

-15 mai : De 13h30 à 15h30, interventions en milieu scolaire, sur le thème de l’homophobie, au lycée professionnel Gustave Ferrier,  rue des Ecluses Saint-Martin, Paris, 19e, organisée par l’association Estim’.

-15 et 16 mai : 20h, Concert de Podium Paris (0 choristes), « Quelques mots d’amour », salle Jean Dame, 17 rue Léopold Bellan, quartier Montorgueil. 

-16 mai : 10h, mairie du 3e arrondissement, 2 rue Eugène Spuller, conférence de presse de SOS Homophobie, présentation du rapport annuel de SOS, et des résultats de l’enquête sur la lesbophobie. 

-16 mai : De 13h30 à 19h, colloque organisé par le Comité IDAHO et le Centre des Mémoires LGBT de Paris-Île de France, « Mouvements lesbiens, mouvements féministes : 1968-2008 ». Débats à l’Assemblée nationale, 126 rue de l’Université (inscription obligatoire : tinluigi@aol.com, papiers d’identité exigés à l’entrée).

-16 mai : De 14h30 à 18h, au Conseil Régional d’Île de France, 35 Boulevard des Invalides, Salle Paul Delouvrier, conférence débat, à l’invitation du Conseil Régional : Homophobie-Lesbophobie : état des lieux en France et en Île de France. Présentation par SOS Homophobie du rapport annuel 2008 sur l’homophobie, et de l’enquête sur la lesbophobie.

-16 mai : 20h, Centre LGBT de Paris-Île de France, 63 rue Beaubourg, à 20 h, 63 rue Beaubourg, Regards croisés sur l’homophobie avec Douglas Janoff, criminologue canadien, auteur de Pink Blood, « La Violence homophobe au Canada », et Marion Le Moine, co-présidente de SOS Homophobie ; animé par Christine Le Doaré, présidente du Centre LGBT ; avec le soutien de l’Observatoire de la diversité culturelle et de la librairie du Québec.

-16 mai : A partir de 20h, vernissage de l’exposition « Education populaire », regroupant plusieurs œuvres de Tom de Pékin, grand hall de l’espace Niemeyer, siège du Parti Communiste, Place du Colonel Fabien.

-16 mai :  De 10h à 12h et de 13h30 à 15h30, interventions en milieu scolaire, sur le thème de l’homophobie, au lycée professionnel Gustave Ferrier,  rue des Ecluses Saint-Martin, Paris, 19e, organisée par l’association Estim’.

-17 mai : marche contre la lesbophobie, départ 14h (lieu à préciser ultérieurement), contact :

pauline.londeix@gmail.com.

-17 mai : A 18h, Chez Violette and Co, 102 rue de Charonne, la Coordination lesbienne en France présentera l'ouvrage Invisibilité / Visibilité des lesbiennes. Actes du Colloque organisé par la CLF à la Mairie de Paris, à l’occasion de la Journée mondiale 2007 de lutte contre l’homophobie.

-17 mai : Colloque européen organisé par le Parti Communiste français, le Parti de la Gauche européenne et leurs collectifs de lutte contre les discriminations LGBT de 14h00 à 18h30, au siège du Conseil National du P.C.F. place du Colonel Fabien. Tables rondes thématiques, débats, échanges avec les associations françaises et européennes permettant d’appréhender la réalité de la lutte contre l’homophobie et l’identité de genre en Europe.

Accueil des participants : 14h00

Introduction : 14h30

1e Table ronde (14h45) : Quelle visibilité pour les LGBT en Europe ?

2e Table ronde (15h45) : Discriminations dans le monde professionnel et institutionnel

3e Table ronde (16h45) : Lutte pour l’égalité des droits en Europe

Séance plénière (18h00) : LBGT entre exclusions et émancipation : une harmonisation européenne des lois et du droit ?

-17 mai : à 19H00, à Amnesty International, 75-76 Bd de la Villette, 75019 Paris, conférence-débat : A-t-on le droit d’être homosexuel aux Antilles ? Projection du documentaire d’Anne Lescot « Des hommes et des dieux », à propos de la situation en Haïti. Puis débat en partenariat avec le Comité IDAHO, SOS homophobie, Homosexualité et Socialisme, An Nou Allé, Tjenbé rèd ! et le Collectif 2004 images. Avec Anne Lescot, réalisatrice du documentaire, Jean-Louis Rougeron, Responsable Commission LGBT Amnesty International France, Louis Georges Tin, Fondateur de la Journée contre l’homophobie et Porte-parole du Cran, Jacques Lizé, Président de Sos homophobie, David Auerbach Chiffrin Président de Tjenberede, Gilles Bon Maury, Président d’Homosexualité Et Socialisme (HES).

-17 mai : 18h, débat : « Des lectures homophobes de la Bible ? » avec le rabbin Daniel Fahri (Mouvement juif libéral de France) et Jean Vilbas, doctorant à la faculté de théologie protestante de Strasbourd, animateur du Carrefour de chrétiens inclusifs (la Maison Verte, 12 rue Marcadet, Paris, 18e )

-17 mai : 20h30, Célébration interreligieuse (la maison Verte, 12 rue MArcadet, Paris 18e ) à l’initiative de la Communion Béthanie, David et Jonathan, Devenir un en Christ, Mission populaire évangélique de La Maison Verte, Mouvement juif libéral)

-17 mai : exposition "Témoignages de jeunes contre l'homophobie", projection de campagnes contre l'homophobie et mur d'expression pour les jeunes qui veulent laisser un message, de 11h à 18h au Cybercrips (cyber espace santé pour les jeunes de 13 à 25 ans) situé au rez-de-chaussée de la Tour Montparnasse (entrée côté rue de l'Arrivée), Paris 15e. Tél : 01.56.80.33.34.

-17 mai : 11h, Cérémonie au Mémorial des Martyrs de la Déportation, Square de l’Île de France, 4e arrondissement, en présence de personnalités, pour rendre hommage aux victimes de l’homophobie dans l’Histoire. Discours et dépôt de gerbe. Sur invitation, disponible sur www.devoiretmemoire.org et par tél. 06.18.84.00.33.

-17 mai : de 16h à 19h, « Visibles ! », Rassemblement de rue inter-associatif à Beaubourg, entre le MK2 et Leroy-Merlin. En partenariat avec  SOS homophobie et l'ensemble des associations membres du Centre, mais également  l’association Aides : théâtre de rue,  panneaux d'expression libre à la disposition des passants, table de presse, distribution de matériels pédagogiques contre l'homophobie.

En partenariat avec l’Inter-LGBT : lancement de la campagne française de soutien au projet de Directive de la Commission européenne contre les discriminations.*

 * Une protection légale identique pour  tous les motifs de discrimination du  l’article 13 du Traité  d’Amsterdam : le niveau de protection contre la discrimination fondée  sur l'orientation sexuelle, la religion et la croyance, l'âge, le  handicap, serait le même que celui qui est reconnu contre les  discriminations selon les origines (Directive 2000/43). Applicable  en matière de protection sociale, y  compris la sécurité sociale et les soins de santé ; les avantages sociaux; l’accès à l'éducation; l'accès aux biens et services et la  fourniture de biens et services, y compris  en matière de logement.  L’adoption de ce texte est compromise et une Directive portant sur le seul handicap physique pourrait être retenue.

-17 mai : Débat organisé au local du MAG, 106 rue de Montreuil (M° Nation ou Avron), sur le thème suivant « Homos et lycéens en banlieue, quel quotidien pour quels interlocuteurs ? » Lancement d’un questionnaire à destination des jeunes entre 14 et 21 ans. Questionnaire disponible à l’adresse suivante : www.begay.fr/questionnaire.php.

-18 mai : Soirée de Solidarité au Tango, La Boîte à frissons, à partir de 17h30, en partenariat avec Popingays, le Refuge, le MAG, 13 rue Au Maire.

-19 mai : de 9h30 à 12h00, Palais de justice (escalier S), 4 Boulevard du Palais, Métro Cité, RER Saint-Michel. L’Ordre des avocats de Paris, en partenariat avec le RAVAD (Réseau d’Assistance aux Victimes d’Agressions et de Discriminations),  organise des consultations gratuites et sans rendez-vous. Ils répondront, en toute confidentialité et dans le respect des règles du secret professionnel qui s’imposent aux avocats, à vos questions d’ordre juridique liées à la discrimination. 
Mardi 6 mai 2008
par Olivier FRANCHETEAU
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Si vous êtes gay et si vous avez l'intention de vous marier à l'étranger, vous risquez bien de perdre votre nationalité française ! Hallucinant... C'est pourtant ce qu'il vient d'arriver à Frédéric Minvielle, un français de 37 ans vivant aux Pays-Bas. Une décision des autorités françaises vient en effet de le déchoir de sa nationalité française après s'être marié avec un néerlandais et avoir acquis la nationalité de son conjoint. Or, selon une convention entre la France et les Pays-Bas en vigueur depuis 1985 et modifiée en 1993 et 1996, tout ressortissant d'un des deux pays acquérant la nationalité de l'autre perd sa nationalité d'origine sauf en cas de mariage et de volonté expresse de conserver sa nationalité initiale. La France ne reconnaissant pas le mariage homosexuel, Frédéric Minvielle s'est vu signifier par le consulat la déchéance de sa nationalité française, selon des documents dont l'AFP a obtenu copie. M. Minvielle a pris un avocat pour organiser sa défense, après avoir refusé de restituer ses papiers d'identité.

Frédéric Minvielle est tombé « dans un trou de la justice » et « espère faire évoluer la loi », a-t-il déclaré à l'AFP, lors d'un entretien téléphonique. Installé aux Pays-Bas depuis 2002, il s'y est marié le 6 décembre 2003 et a acquis la nationalité néerlandaise en 2006, « parce que ce pays reconnaît mon amour et mon mariage », a-t-il expliqué.

SOS homophobie a demandé le 1er mai au gouvernement de le « réintégrer immédiatement dans sa nationalité ». L'association se dit « scandalisée par cette décision particulièrement humiliante et symboliquement inexcusable » et s'interroge :
« Fichés, déchus de leur nationalité, quelle est la prochaine étape pour les homosexuels français ? »

Ce week-end, Frédéric Minvielle a reçu le soutien de la porte-parole du groupe PS à l'Assemblée Aurélie Filippetti et du conseiller régional divers droite Jean-Luc Romero. « Cette décision est révoltante, violente et discriminatoire », a écrit Mme Filippetti dans un communiqué où elle demandait « la révision de la convention franco-hollandaise de 1985 sur le mariage et la nationalité tout comme celle de Strasbourg qui régit la double nationalité ». Dans le même communiqué elle ajoutait : « Sa triste aventure plaide une nouvelle fois pour l'instauration du mariage homosexuel ». Dans un autre communiqué, le conseiller régional divers droite Jean-Luc Romero (ex-UMP), également président d'Elus locaux contre le sida, se déclarait « scandalisé par une telle discrimination ».

Le ministère de l'Immigration a annoncé à l'AFP qu'il avait entamé « un réexamen juridique en diligence » de la situation de Frédéric Minvielle. Plus tard, ce même ministère a déclaré qu'il avait décidé, après examen, de se dessaisir du dossier en précisant qu'il relevait de deux autres ministères, les Affaires étrangères (français de l'étranger) et la Justice (problème de droit civil). Finalement selon le ministère des Affaires étrangères, Frédéric Minvielle pourrait retrouver s'il le souhaitait sa nationalité d'origine à partir de mars 2009. C'est en effet à cette échéance que sera bouclée une procédure de dénonciation (lancée fin 2007) des clauses de la convention franco-néerlandaise. Le ministère français des Affaires étrangères a par ailleurs affirmé que, par le même courrier qui annonçait à Frédéric Minvielle la perte de sa nationalité, le consulat l'informait également qu'une procédure de dénonciation des dispositions de la convention franco-néerlandaise relatives à son cas était en cours.

À voir l'interview de Frédéric Minvielle au journal de 13h sur France 2 dans  "mes vidéos", rubrique "mes favoris".



Lundi 5 mai 2008
par Olivier FRANCHETEAU
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Des Parisiens sous l’Occupation, photographies et débats

Visites guidées, conférences et débats sont proposés à la Bibliothèque historique de Paris et à l'Hôtel de Ville, suite à la polémique qui a fait couler beaucoup d´encre. Personnellement je me réjouis de cette polémique qui rappelle l´essence de la culture. Outre les émotions procurées, l´art doit interroger le monde. Le titre de l´exposition a donc été modifié : Les Parisiens sous l´occupation a laissé place à Des Parisiens sous l´occupation. A juste titre. Un dispositif d'information se voit dorénavant renforcé sur les 270 photos inédites d'André Zucca, une réflexion sur la photographie comme témoin de l'Histoire.

 

La Bibliothèque Historique de la Ville de Paris présente jusqu’au 1er juillet 270 photographies inédites sur une vision de la vie parisienne pendant l’Occupation et la Libération. André Zucca avait le « privilège » de disposer de films couleurs parce qu’il travaillait pour le magazine Signal, organe allemand de propagande nazie vantant la puissance de la Wehrmacht et de la Waffen SS. Un témoignage photographique qui n’en demeure pas moins important, par la qualité des vues, par sa rareté, par sa valeur historique.

 

Il s’agit là d’un témoignage saisissant d’une certaine vision de la vie quotidienne de certains Parisiens pendant les années noires, de l’Occupation à la Libération. Toutes les photographies sont issues de l’exceptionnel fonds détenu par la Bibliothèque - près de 12000 clichés sur le Paris occupé (10600 clichés noirs et blancs et 1058 photos couleur). Les photographies présentées ont fait l’objet de corrections minutieuses, qui ont permis de restituer les couleurs avec exactitude.
 
Ce que nous donne à voir André Zucca est un Paris léger, voire insouciant. Il a choisi un regard qui ne montre rien, ou si peu, de la réalité de l’occupation et de ses aspects dramatiques : files d’attentes devant les magasins d’alimentation, rafles de Juifs, affiches annonçant les exécutions… Dans ces images, nulle trace non plus de la Résistance, pourtant présente à Paris dès 1940.
 
Ces photographies relèvent d’une démarche très personnelle, fruits de longues promenades à travers Paris, que Zucca parcourt en tous sens. Il semble poursuivre la réalisation d’une œuvre, en utilisant une technique nouvelle, la couleur,  et en donnant ainsi le sentiment de ne pas se préoccuper de ce que vivent par ailleurs les Parisiens. Il a probablement en permanence deux boîtiers sur lui : pour le noir et blanc, son fidèle Rolleiflex 6/6 avec lequel il a déjà fait le tour du monde, et pour la couleur, un 24/36 Leica. Et quelques pellicules de 15 Asa…
 
La pellicule couleur était encore à l’époque d’un maniement difficile pour les photos extérieures nécessitant une lumière forte, ce qui contribue à l’impression dégagée par ces photographies d’un Paris constamment ensoleillé et coloré. Individualiste forcené, Zucca joua de la couleur en esthète et photographia sans désemparer le Paris allemand, les devantures et les affiches…tous sujets qui échappaient à la censure. Ce sont ces promenades que l’exposition présente, traces étranges du travail d’un photographe au parcours ambigu, mais dont la valeur propre présente un intérêt historique et artistique incontestable.
      
André Zucca (1898-1973)

 

Après de nombreux reportages à travers le monde, André Zucca devient l’un des photographes de presse les plus actifs dès 1937. Correspondant de guerre pour France Soir et pour Paris Match en septembre 1939, André Zucca est  requis par l’occupant en 1941 et participe alors au magazine de propagande Signal, bimensuel diffusé dans les pays occupés. 

De toutes les photographies présentées dans l’exposition, pas une seule ne fut publiée dans ce magazine nazi, qui réservait la couleur aux seules photos de guerre. 

André Zucca était d’abord un reporter d’images, passionné de photos. Lui qui se voulait apolitique était un anarchiste de droite. Mais pendant l’Occupation, il s’accommoda de la présence de l’occupant, devint germanophile sans être pour autant un collaborationniste engagé. Avoir travaillé pour le journal de propagande nazi Signal lui valut en octobre 1944 d’être poursuivi pour atteinte à la  sûreté extérieure de l’Etat. L’insuffisance d’autres éléments à charge, la protection de l’entourage du général de Lattre de Tassigny, les critiques  formulées naguère à son endroit par la rédaction de Signal expliquent le « classement » de son dossier en octobre 1945. Menacé de passer devant une chambre civique, il préféra quitter Paris pour vivre sous un nom d’emprunt dans les environs de Dreux.
 
Renforcement du dispositif d’information des visiteurs 

 

Suite aux réactions suscitées par l’exposition, le dispositif d’information proposé aux visiteurs a été renforcé.

 

Un large extrait de la préface du catalogue de l’exposition (Éd Gallimard/ Paris Bibliothèques), préparée par Jean-Pierre Azéma, historien spécialiste de cette période, est repris dans l’exposition depuis son ouverture et rappelle également le contexte historique dans lequel ces photographies ont été prises.

 

Dès le début du mois d’avril, un panneau d’avertissement installé à l’entrée de l’exposition, rappelle ce qu’était le journal Signal et quelle avait été l’attitude d’André Zucca pendant la guerre. Ce texte, complété par JP Azéma fin avril, est également remis à chaque visiteur.

 

Plusieurs débats sont organisés à la BHVP, en complément de la rencontre du 31 mai initialement prévue autour du thème La photographie est-elle un bon témoin de l’histoire ? avec Pascal Ory, Jean- Pierre Azéma et Françoise Denoyelle. Une conférence est organisée à l’Hôtel de Ville avec la Ligue des droits de l’Homme. A partir du 30 avril, des visites commentées de l’exposition sont organisées deux fois par semaine.

 

Programme du cycle de conférences/ débats organisés à la BHVP et à l’Hôtel de Ville :

 Programme sous réserve de modifications

 

Jeudi 15 mai à 19 h : Comment les journalistes regardent-ils la photographie ? 
Rencontre animée par Gabriel BAURET. Après avoir dirigé le magazine Zoom, la rédaction de Camera International, il est commissaire de nombreuses expositions photographiques en France et à l’étranger, auteur de livres et enseigne à l’Ecole nationale des arts décoratifs de Paris.

Intervenants : 

Michel PHILIPPOT, rédacteur en chef du Monde2. Dan TORRES, responsable photo du journal «  Libération » puis du magazine Jeune Afrique. André ROUILLE, maître de conférences à l’Université Paris VIII, auteur de « La photographie »  dirige le site internet Paris-art.com consacré à l’art contemporain à Paris. Jean-François LEROY, directeur du festival de photojournalisme de Perpignan.

 

Jeudi 29 mai à 19 h : Comment exposer la photographie ? 
Rencontre animée par André GUNTHERT, chercheur, maître de conférences à l’EHESS.

Intervenants : 

Jean- Luc MONTEROSSOdi