Des Parisiens sous l’Occupation, photographies et débats

Visites guidées, conférences et débats sont proposés à la Bibliothèque historique de Paris et à l'Hôtel de Ville, suite à la polémique qui a fait couler beaucoup d´encre. Personnellement je me réjouis de cette polémique qui rappelle l´essence de la culture. Outre les émotions procurées, l´art doit interroger le monde. Le titre de l´exposition a donc été modifié : Les Parisiens sous l´occupation a laissé place à Des Parisiens sous l´occupation. A juste titre. Un dispositif d'information se voit dorénavant renforcé sur les 270 photos inédites d'André Zucca, une réflexion sur la photographie comme témoin de l'Histoire.

 

La Bibliothèque Historique de la Ville de Paris présente jusqu’au 1er juillet 270 photographies inédites sur une vision de la vie parisienne pendant l’Occupation et la Libération. André Zucca avait le « privilège » de disposer de films couleurs parce qu’il travaillait pour le magazine Signal, organe allemand de propagande nazie vantant la puissance de la Wehrmacht et de la Waffen SS. Un témoignage photographique qui n’en demeure pas moins important, par la qualité des vues, par sa rareté, par sa valeur historique.

 

Il s’agit là d’un témoignage saisissant d’une certaine vision de la vie quotidienne de certains Parisiens pendant les années noires, de l’Occupation à la Libération. Toutes les photographies sont issues de l’exceptionnel fonds détenu par la Bibliothèque - près de 12000 clichés sur le Paris occupé (10600 clichés noirs et blancs et 1058 photos couleur). Les photographies présentées ont fait l’objet de corrections minutieuses, qui ont permis de restituer les couleurs avec exactitude.
 
Ce que nous donne à voir André Zucca est un Paris léger, voire insouciant. Il a choisi un regard qui ne montre rien, ou si peu, de la réalité de l’occupation et de ses aspects dramatiques : files d’attentes devant les magasins d’alimentation, rafles de Juifs, affiches annonçant les exécutions… Dans ces images, nulle trace non plus de la Résistance, pourtant présente à Paris dès 1940.
 
Ces photographies relèvent d’une démarche très personnelle, fruits de longues promenades à travers Paris, que Zucca parcourt en tous sens. Il semble poursuivre la réalisation d’une œuvre, en utilisant une technique nouvelle, la couleur,  et en donnant ainsi le sentiment de ne pas se préoccuper de ce que vivent par ailleurs les Parisiens. Il a probablement en permanence deux boîtiers sur lui : pour le noir et blanc, son fidèle Rolleiflex 6/6 avec lequel il a déjà fait le tour du monde, et pour la couleur, un 24/36 Leica. Et quelques pellicules de 15 Asa…
 
La pellicule couleur était encore à l’époque d’un maniement difficile pour les photos extérieures nécessitant une lumière forte, ce qui contribue à l’impression dégagée par ces photographies d’un Paris constamment ensoleillé et coloré. Individualiste forcené, Zucca joua de la couleur en esthète et photographia sans désemparer le Paris allemand, les devantures et les affiches…tous sujets qui échappaient à la censure. Ce sont ces promenades que l’exposition présente, traces étranges du travail d’un photographe au parcours ambigu, mais dont la valeur propre présente un intérêt historique et artistique incontestable.
      
André Zucca (1898-1973)

 

Après de nombreux reportages à travers le monde, André Zucca devient l’un des photographes de presse les plus actifs dès 1937. Correspondant de guerre pour France Soir et pour Paris Match en septembre 1939, André Zucca est  requis par l’occupant en 1941 et participe alors au magazine de propagande Signal, bimensuel diffusé dans les pays occupés. 

De toutes les photographies présentées dans l’exposition, pas une seule ne fut publiée dans ce magazine nazi, qui réservait la couleur aux seules photos de guerre. 

André Zucca était d’abord un reporter d’images, passionné de photos. Lui qui se voulait apolitique était un anarchiste de droite. Mais pendant l’Occupation, il s’accommoda de la présence de l’occupant, devint germanophile sans être pour autant un collaborationniste engagé. Avoir travaillé pour le journal de propagande nazi Signal lui valut en octobre 1944 d’être poursuivi pour atteinte à la  sûreté extérieure de l’Etat. L’insuffisance d’autres éléments à charge, la protection de l’entourage du général de Lattre de Tassigny, les critiques  formulées naguère à son endroit par la rédaction de Signal expliquent le « classement » de son dossier en octobre 1945. Menacé de passer devant une chambre civique, il préféra quitter Paris pour vivre sous un nom d’emprunt dans les environs de Dreux.
 
Renforcement du dispositif d’information des visiteurs 

 

Suite aux réactions suscitées par l’exposition, le dispositif d’information proposé aux visiteurs a été renforcé.

 

Un large extrait de la préface du catalogue de l’exposition (Éd Gallimard/ Paris Bibliothèques), préparée par Jean-Pierre Azéma, historien spécialiste de cette période, est repris dans l’exposition depuis son ouverture et rappelle également le contexte historique dans lequel ces photographies ont été prises.

 

Dès le début du mois d’avril, un panneau d’avertissement installé à l’entrée de l’exposition, rappelle ce qu’était le journal Signal et quelle avait été l’attitude d’André Zucca pendant la guerre. Ce texte, complété par JP Azéma fin avril, est également remis à chaque visiteur.

 

Plusieurs débats sont organisés à la BHVP, en complément de la rencontre du 31 mai initialement prévue autour du thème La photographie est-elle un bon témoin de l’histoire ? avec Pascal Ory, Jean- Pierre Azéma et Françoise Denoyelle. Une conférence est organisée à l’Hôtel de Ville avec la Ligue des droits de l’Homme. A partir du 30 avril, des visites commentées de l’exposition sont organisées deux fois par semaine.

 

Programme du cycle de conférences/ débats organisés à la BHVP et à l’Hôtel de Ville :

 Programme sous réserve de modifications

 

Jeudi 15 mai à 19 h : Comment les journalistes regardent-ils la photographie ? 
Rencontre animée par Gabriel BAURET. Après avoir dirigé le magazine Zoom, la rédaction de Camera International, il est commissaire de nombreuses expositions photographiques en France et à l’étranger, auteur de livres et enseigne à l’Ecole nationale des arts décoratifs de Paris.

Intervenants : 

Michel PHILIPPOT, rédacteur en chef du Monde2. Dan TORRES, responsable photo du journal «  Libération » puis du magazine Jeune Afrique. André ROUILLE, maître de conférences à l’Université Paris VIII, auteur de « La photographie »  dirige le site internet Paris-art.com consacré à l’art contemporain à Paris. Jean-François LEROY, directeur du festival de photojournalisme de Perpignan.

 

Jeudi 29 mai à 19 h : Comment exposer la photographie ? 
Rencontre animée par André GUNTHERT, chercheur, maître de conférences à l’EHESS.

Intervenants : 

Jean- Luc MONTEROSSOdirecteur de la Maison Européenne de la Photographie. Virginie CHARDIN, commissaire d’expositions photographiques, auteur. Daniel GIRARDIN, commissaire de l’exposition «  Controverses » présentée jusqu’au 1er juin 2008 au Musée de l’Elysée à Lausanne (Suisse).

 

Samedi 31 mai à 15h: La photographie est- elle un bon témoin de l’Histoire ?

Rencontre animée par André GUNTHERT, Chercheur, maître de conférences à l’EHESS.

Intervenants : 

Pascal ORY, professeur d’Histoire culturelle et d’Histoire politique à la Sorbonne (Paris I). Il est l’auteur d’une trentaine d’ouvrages, dont : l’Histoire culturelle (Collection Que sais- je ?). Trois d’entre eux portent sur la période de l’Occupation : Les Collaborateurs (Le Seuil) ; la France allemande ; le petit nazi illustré (Éd. Nautilus- Vertige Graphic). Jean- Pierre AZÉMAhistorien, spécialiste de la Seconde Guerre Mondiale et plus particulièrement de l’Histoire de Vichy et de la Résistance. Il est l’auteur de la préface du livre sélectionné par le Mai du livre d’art 2008 « Les Parisiens sous l’Occupation. Photographies en couleurs d’André Zucca (Éd Gallimard/ Paris Bibliothèques). Françoise DENOYELLE est professeur à l’École Normale Supérieure Louis Lumière.

 

Jeudi 5 juin à 19 h : Qu’est ce qu’une image photographique ?
Rencontre animée par André GUNTHERT, chercheur et maître de conférences à l’EHESS.

Intervenants : 

Pierre HAURI, directeur de la société TRIBVN, spécialisée dans la numérisation d’images … Anne CARTIER-BRESSON, conservateur en chef du patrimoine, dirige l’Atelier de Restauration et de Conservation des photographies de la ville de Paris. Bertrand DESPREZ, photographe de l’agence Vu. Bertrand Desprez pratique un «  reportage » sensible souvent poétique, dans lequel l’humain est essentiel.

 

Lundi 9 juin à 19 h : Vérité des images, vérité de l’histoire

Débat organisé avec la Ligue des Droits de l’Homme

Intervenants : 

Marc Olivier BARUCH, historienLaurence BERTRAND DORLEAC, historienne d’art, spécialiste de cette période. Paul ARDENNE, historien d’art

 

Sur réservation au 01 44 78 80 50 et dans la limite des places disponibles.

 

Visites guidées de l’exposition :

A partir du 30 avril, des visites guidées de l’exposition sont organisées par les conservateurs de la BHVP le mercredi et le vendredi à 15h00.

Sur réservation au 01 44 78 80 50 et dans la limite des places disponibles.

 
Bibliothèque historique de la Ville de Paris
22, rue Malher, Paris 4e
Tél. 01 44 59 29 60 
Du 20 mars au 1er juillet 2008
Du mardi au dimanche de 11h à 19h

 

Jeudi 1 mai 2008
par Olivier FRANCHETEAU
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Invitée au 7/10 sur France Inter le lendemain de l’interview de Nicolas Sarkozy à la télévision, Ségolène Royal critique son intervention pour dresser un bilan alarmant. Heureusement une autre politique est possible et l’ex-candidate aux élections présidentielles le prouve dans cette interview en 2 temps. Force est de constater que les Français sont fortement mécontents de cette politique qui n’améliore pas leur quotidien, bien au contraire… Preuve en est avec ce  nouveau sondage par l’institut BVA pour L’Express qui établit la cote du président à 32% et celle du premier ministre à 43%, soit – 8% pour les 2. Jamais sous la Ve République un président n’avait atteint un score aussi bas un an après son élection. Triste anniversaire qui pourrait interroger sa légitimité au pouvoir. Question d'autant plus délicate à la veille des 40 ans de mai 68, période, comme chacun sait, de contestation de l'ordre établi par les étudiants et les ouvriers. En pleine crise de pouvoir d'achat et de contestation de la réforme Darcos, va-t-on revivre un mouvement similaire ?

Ségolène Royal était l'invitée de Nicolas Demorand dans le 7/10 sur France Inter 8h20, le 25 avril 2008 (11:59).
 

Ségolène Royal, l'invitée d'interactiv dans le 7/10 sur France Inter 8h40, le 25 avril 2008 (au programme : les retraites, l'immigration, le pouvoir d'achat, la décentralisation, la Chine, le rapport Attali, les assistantes parlementaires et le délai d'inscription sur les listes électorales non respecté par Nicolas Sarkozy - 17:32).

 

 

Mercredi 30 avril 2008
par Olivier FRANCHETEAU
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Jeudi dernier, je suis allé voir Mon vieux Vilbure mis en scène par Yves Chevalier au Théâtre 95, scène conventionnée dédiée aux écritures contemporaines à Cergy-Pontoise dans le Val d’Oise (95). A la sortie de la station RER Cergy Préfecture, de nombreux jeunes d’origine africaine traînent aux alentours en attendant je ne sais quoi, je ne sais qui. 500 mètres plus loin, derrière la préfecture, le théâtre ; de nombreux quinquagénaires d’origine française traînent dans le hall en attendant l’ouverture des portes… Impossible alors de ne pas penser à la démocratisation culturelle qui se solde ici sans équivoque par un échec cuisant. Impossible de ne pas penser à la chute libre des subventions pour l’action culturelle qui ne favorisera pas le retour d’un public populaire et métissé dans les théâtres. Impossible de ne pas penser à l’absence de remaniement du ministère de la culture après les municipales, signe que la rue de Valois importe peu. Sa locataire Christine Albanel assistait hier soir à la Cérémonie des Molières qui a célébré généreusement le théâtre privé. 17 Molières attribués contre 5 pour le secteur subventionné. Retransmise en direct sur France 2, la soirée s’est voulue surtout consensuelle cherchant à donner une image gaie et décomplexée du théâtre pour séduire les téléspectateurs et et enrayer une baisse de fréquentation des théâtres, pouvoir d’achat en berne oblige ; exit les créations intello et l’adage « le théâtre, c’est pas pour nous », le ton était donné dès l’ouverture avec une chanson du Roi Lion. Fortement récompensé, Le Roi Lion apparaît bel et bien comme le symbole sans conteste d’une culture américanisée en raccord parfait avec une posture politique nouvellement atlantiste. Et tant pis pour Jean Vilar et Antoine Vitez !

Mardi 29 avril 2008
par Olivier FRANCHETEAU
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Mardi 22 avril était programmé sur France 2 un documentaire-fiction de Serge Moati intitulé Mitterrand à Vichy. Intrigué par ce programme télévisuel, je m’installe pour une fois devant mon poste de télévision qui, il faut le dire, ne me sert qu’à regarder des DVD tant les programmes proposés ne répondent pas à mes désirs et besoins culturels.

Le film commence et l’ennui me guette rapidement tant la forme du film est discutable. Acteurs moyens voire ridicules (Pétain, de Gaulle), mise en scène plate et absence de dramaturgie pour la fiction, aucune transition surprenante entre la fiction et le documentaire, etc. Une vraie parodie de fiction française : quel que soit le réalisateur, on a toujours l’impression de voir le même film. Pas étonnant que la jeunesse déserte le petit écran pour surfer sur le Net. Pas étonnant que les séries américaines explosent l’audimat alors que les fictions françaises peinent à trouver leur public par manque de créativité et de signature cinématographique. Trop consensuelles et pusillanimes, les téléspectateurs français leur préfèrent les scenarii américains mieux écrits et plus audacieux. Bien évidement, je ne m’attends pas à ce que Serge Moati singe les séries produites par HBO comme Desperate Housewives où la voix off de Brenda Strong est hautement plus emballante que celle de Pierre Arditi. Excellent acteur certes, j’aurais préféré néanmoins que le casting de Mitterrand à Vichy laisse la place à des intermittents en mal de cachets, et cela aurait été plus équitable et plus économe.

Aussi, serait-il pertinent de reconsidérer le cahier des charges de France Télévisions ; la diffusion de programmes intelligents et novateurs tant au niveau du fond que de la forme paraît un des points centraux pour se démarquer nettement de l’offre des chaînes privées où les programmes riment souvent avec vulgarité et bêtise. Malheureusement le sarkozysme en a décidé autrement ; la suppression de la publicité sur les chaînes publiques ayant pour véritable finalité de donner un peu d’oxygène au privé (qui peut être crédule pour croire à son discours sur la qualité du service public audiovisuel quand il s’affiche avec Carla Bruni à Eurodisney, ce qui en tant qu’acte politique en dit long sur sa conception de la culture) prime non seulement sur la programmation, mais, faute de moyens, en altèrera fortement la qualité des contenus. A suivre donc la commission de Jean-François Copé qui endosse la responsabilité d’envisager le futur du service public audiovisuel d’ici le 25 juin dans un contexte économique morose offrant une marge de manoeuvre très limitée (de nouvelles taxes seraient incongrues pour compenser le manque à gagner) et donc peu propice à l’inventivité.

Jeudi 24 avril 2008
par Olivier FRANCHETEAU
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Henri Weber, député européen, présente la synthèse de la déclaration de principes du Parti socialiste. Trois grandes inspirations définissent cette nouvelle orientation du PS : finalité démocratique (république sociale), maîtrise d’une économie sociale et écologique de marché et projet d’une civilisation rayonnante.


Mercredi 23 avril 2008
par Olivier FRANCHETEAU
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Le Parti socialiste vient de dévoiler hier sa nouvelle identité en 21 articles. Ce document a été «approuvé unanimement par toutes les sensibilités du PS, à part une réserve de Jean-Luc Mélenchon sur les politiques de l’Europe», a précisé Alain Bergounioux, le secrétaire national aux études. Le texte sera discuté par les militants dans les fédérations, avant d’être soumis au vote lors d’une convention nationale du PS, le 14 juin. Après avoir été marxiste et réformiste au service des espérances révolutionnaires, le PS se veut aujourd’hui «partisan d’une économie sociale et écologique de marché», dans le sillage de Nicolas Hulot et d’Al Gore. «L’émancipation complète de la personne humaine et la sauvegarde de la planète» figurent désormais au premier rang des «finalités fondamentales» du parti.  Si le mot «révolution» a disparu, «être socialiste», c’est toujours «ne pas se satisfaire du monde tel qu’il est», réaffirme l’article 1.

DECLARATION DE PRINCIPES (16 avril 2008)

PREAMBULE

Le Parti socialiste plonge ses racines dans la tradition de l’humanisme et dans la philosophie des Lumières. Il fait siennes les valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité, proclamées par la Révolution Française. Il est né de la rencontre entre une pensée critique, riche et diverse, et l’action du mouvement ouvrier qui, pendant deux siècles, ont porté une contestation de l’organisation sociale façonnée par le capitalisme et ont défendu le projet d’une société solidaire dont tous les membres jouissent des mêmes libertés et des mêmes droits. Il revendique le souvenir de la Commune, l’héritage de la République et de son œuvre démocratique, des grandes conquêtes sociales du Front Populaire, de la Libération, de mai 1981 et des gouvernements de gauche qui se sont succédés. Il participe des grands combats politiques et intellectuels pour la liberté de l’homme, de l’Affaire Dreyfus à l’abolition de la peine de mort. Ces ambitions sont plus que jamais d’actualité. Pour les socialistes, l’être humain est un être doué de raison, libre, un être social qui grandit de sa relation aux autres, ouvert à toutes les potentialités. C’est pour cela, que les conditions dans lesquelles il vit sont essentielles. Bâtir un monde nouveau et meilleur, obéissant à la dignité de l’homme et assurant la sauvegarde de la planète, est la tâche première des socialistes, celle qui motive un engagement renouvelé pour le progrès au fil des générations, par-delà les moyens mis en oeuvre, qui, eux, se formulent différemment dans le temps selon les enjeux et les problèmes. Le socialisme démocratique veut être une explication du monde, une pédagogie de l’action, un avenir pour l’humanité. Sa nature est « d’aller à l’idéal et de comprendre le réel », d’inventer le futur et de travailler dans le présent, d’assumer les tensions et les contradictions qui en résultent et font la vie humaine.

I - NOS FINALITES FONDAMENTALES

Art 1
Être socialiste, c’est ne pas se satisfaire du monde tel qu’il est. L’idée socialiste relève, à la fois, d’une révolte contre les injustices et de l’espérance pour une vie meilleure. Le but de l’action socialiste est l’émancipation complète de la personne humaine et la sauvegarde de la planète.

Art. 2
L’égalité est au coeur de notre idéal. Cette quête n’a de sens que par et pour les libertés. Egalité et liberté sont indissociables. Aux injustices et aux violences du monde, l’idée socialiste oppose un engagement pour une humanité libre, juste, solidaire et respectueuse de la nature. Elle porte un message universel, dès lors qu’il s’agit de défendre les droits fondamentaux de chacun et de tous. Pour les socialistes, ces objectifs ne peuvent être atteints à partir du fonctionnement spontané de l’économie et de la société. La redistribution permanente des ressources et des richesses est nécessaire pour donner une réalité à l’égalité des droits, offrir à chacun les chances de conduire sa vie, et réduire les écarts de conditions. 

Art 3
Le développement durable doit permettre de répondre aux besoins du présent, sans compromettre l’avenir des générations nouvelles. Les finalités du socialisme démocratique, l’émancipation humaine, portent pleinement la volonté de préserver notre planète aujourd’hui menacée, de protéger et de renouveler les ressources naturelles, de promouvoir la qualité de l’environnement. Cette nécessité demande des réponses qui ne privilégient pas la rentabilité immédiate, concilient les intérêts particuliers et l’intérêt général, le développement et l’écosystème. Conscients de l’étroite interaction des activités humaines et des écosystèmes, les socialistes inscrivent la prise en compte de la planète au même rang de leurs finalités fondamentales que la promotion du progrès des sociétés humaines et la satisfaction équitable de leurs besoins. 

Art 4
Le progrès, synonyme d’amélioration de la vie humaine, est une valeur fondamentale pour les socialistes. Ils pensent que l’exercice de la raison doit être accessible à tous, acceptable par tous, applicable à tout. Ils promeuvent la connaissance, l’éducation, la recherche, la culture. Ils veulent mettre les avancées scientifiques et technologiques au service des hommes et de la planète. L’expansion technologique, le développement des nano et biotechnologies, l’ingénierie génétique posent des questions essentielles pour l’avenir de l’humanité. Le mérite du principe de précaution est de permettre de faire des choix collectifs, à travers l’arbitrage des choix politiques, qui subordonnent l’acceptabilité des risques, inséparables du développement de la science, à l’utilité des innovations et à la légitimité de leur utilisation. Le progrès économique et social ne peut plus être apprécié à l’aune de la seule croissance de la production marchande, mais doit l’être à l’aide des indicateurs reflétant la qualité effective des conditions d’existence et de travail des individus.

Art 5
La démocratie représente, à la fois, une fin et un moyen. Elle incarne une valeur et un combat universels. Elle conditionne la nature même de l’action socialiste. Elle ne se résume pas à une méthode. Être socialiste, c’est penser que les hommes et les femmes décidés à agir ensemble peuvent influer sur l’évolution de leur vie, de leur société et du monde. Notre socialisme est une conception et une pratique de la citoyenneté dans tous les domaines et sous toutes ses formes. Démocratie politique et démocratie sociale, démocratie représentative et démocratie participative forment un tout pour permettre la délibération et la décision collectives.

II – NOS OBJECTIFS POUR LE XXIE SIECLE

Art 6
Les socialistes portent une critique historique du capitalisme, créateur d’inégalités, porteur d’irrationalité, facteur de crises, qui demeure d’actualité à l’âge d’une mondialisation dominée par le capitalisme financier. Les socialistes sont partisans d’une économie sociale et écologique de marché, une économie de marché régulée par la puissance publique, ainsi que par les partenaires sociaux. Le système voulu par les socialistes est une économie mixte, combinant un secteur privé dynamique, des services publics de qualité, un tiers secteur d’économie sociale. Les socialistes affirment que certains domaines de l’activité ne peuvent relever du fonctionnement du marché, quand ils concernent des droits essentiels. Les socialistes font de la création durable et de la redistribution des richesses un enjeu majeur de l’action politique. Ils pensent que les politiques participant aux enjeux environnementaux doivent être coordonnés par la puissance publique garante du long terme et de l’intérêt général.

Art 7

Les socialistes défendent un modèle de développement durable qui conjugue la croissance, l’innovation technologique, l’impératif écologique, la création d’emplois, la protection sociale. Les socialistes se préoccupent non seulement de la quantité des richesses produites et de leur distribution, mais aussi de la manière de les produire et du contenu de la production. C’est une société nouvelle, qui dépasse les contradictions du capitalisme, faisant toute sa place au secteur non-marchand, que les socialistes veulent bâtir. Le travail humain est un enjeu fondamental, c’est un moyen individuel et collectif d’insertion, de reconnaissance, d’émancipation. Les socialistes refusent une société duale où certains tireraient leurs revenus de l’emploi et d’autres seraient enfermés dans l’assistance. La qualité de l’emploi est un objectif fondamental qui suppose une rémunération juste, des droits garantis et respectés, un accès à la formation tout au long de la vie favorisant la promotion professionnelle et sociale. Le travail doit aller de pair avec un mode de vie qui donne du temps libre, l’accès à la culture et au sport, offrant à chacun de construire sa vie et la possibilité de participer à la vie publique.

Art 8
Une tâche tout aussi importante est de réactualiser ce qui est l’apport propre du socialisme démocratique dans le siècle dernier, l’État social, qui permet aux réponses collectives de satisfaire les besoins individuels dans leur diversité. Celui-ci privilégie d’abord l’investissement productif au détriment de la rente. Il assure ensuite une protection contre les risques sociaux. Il repose sur une redistribution assumée. Il doit garantir pour tous, la sécurité des personnes et des biens sans laquelle il n’y a pas de liberté réelle. La régulation est également un des rôles majeurs de l’État pour concilier l’économie de marché, la démocratie et la cohésion sociale. Enfin, l’État moderne doit être un État, qui investit et émancipe en privilégiant l’éducation, la recherche, l’innovation, la culture.

Art 9
Lutter pour la paix, la sécurité collective et le co-développement correspond à la vocation internationaliste des socialistes. C’est notre horizon pour le siècle qui commence. Le combat pour une communauté internationale pacifique est indissociable de la défense des droits de l’Homme. Il demande également de reconnaître les intérêts propres des États et des peuples, de travailler à dégager les intérêts communs pour construire un monde équilibré, juste et sûr. Il exige aussi un double effort pour conforter et réformer les institutions internationales. Nous avons besoin pour ce faire du renforcement des Nations unies et du poids de l’Union européenne et de sa détermination.

Art 10
La volonté des socialistes est de contribuer à faire de la France un pays ouvert, respecté dans le monde, oeuvrant pour la paix, les droits de l’Homme et le développement durable. La France est, de par son histoire, à la fois, singulière et universaliste, elle doit être fidèle à ce double héritage. Elle doit respecter tous ceux qui vivent sur son territoire en combattant toutes les discriminations.

III – NOTRE PARTI SOCIALISTE

Art 11
Le Parti socialiste est un parti républicain. Il oeuvre pour le progrès social. Il s’organise au service de l’engagement citoyen. Il fait siennes les valeurs de la République, la liberté, l’égalité, la fraternité. Il combat pour la séparation des pouvoirs, garantie d’un régime de responsabilité politique. Il défend le pluralisme et l’indépendance de l’information dans les médias. Il ne considère pas la nation comme une juxtaposition de communautés, mais comme un contrat entre citoyens libres et responsables, respectueux des droits de toutes celles et de tous ceux qui vivent sur son territoire, attentif à ce que chacun accomplisse aussi ses devoirs vis-à-vis de la collectivité.

Art 12
Le Parti socialiste est un parti laïque. Il défend la séparation des Églises et de l’État. Il veille au respect de la liberté de conscience. La laïcité est plus qu’un principe de tolérance, elle est un combat contre tous les fondamentalismes et tous les intégrismes. Elle entend promouvoir et organiser un espace commun, prenant en compte les diversités culturelles et religieuses, dès lors qu’elles ne sont pas un obstacle pour la liberté de chacun et de tous. La laïcité est une condition de notre vivre ensemble.

Art 13
Le Parti socialiste est un parti réformiste. Il porte un projet de transformation sociale radicale. Il sait que celle-ci ne se décrète pas, qu’elle résulte d’une volonté collective forte assumée dans le temps, prenant en compte l’idéal, les réalités et l’histoire. Le Parti socialiste veut contribuer à changer la vie avec la société et par la société, par la loi et le contrat. Il ne considère jamais les rapports de force d’un moment comme figés ou indépassables. Il entend lutter contre tous les déterminismes sociaux, source d’injustices et d’inégalités.

Art 14
Le Parti socialiste est un parti décentralisateur. Il met le respect de la diversité, des territoires, au coeur de ses valeurs. Il veut allier la présence d’un Etat régulateur et garant de l’équilibre –y compris financier- entre les territoires, à une démocratie locale vivante et innovante.

Art 15
Le Parti socialiste est attaché aux grands principes de la Justice. Celle-ci est une valeur et une institution. Elle est garante de la réalité des droits de chacun. Elle doit être accessible et égale pour tous. Elle a pour vocation non seulement de sanctionner mais aussi d’aider à la réhabilitation et à la réinsertion dans la société.

Art 16
Le Parti socialiste met la culture au centre de ses valeurs. Celle-ci permet, à la fois, de rassembler et de libérer. Face au danger d'une civilisation par trop uniformisée et marchandisée, la culture, avec l'apport irremplaçable des artistes, contribue à construire un monde fondé sur la diversité, le dialogue, l’ouverture. L’accès à la culture pour tous et la démocratisation des pratiques culturelles sont notre objectif.

Art 17
Le Parti socialiste est un parti européen qui agit dans l’Union européenne qu’il a non seulement voulue, mais en partie, conçue et fondée. Il revendique le choix historique de l’Union européenne. Pour les socialistes, celle-ci doit avoir pour mission, par ses politiques communes, d’assurer la paix sur le continent, de favoriser une croissance forte et durable et le progrès social, de promouvoir la créativité et la diversité culturelle, d’aider à relever les défis planétaires par l’exemple d’association qu’elle offre. Membre du Parti socialiste européen, le Parti socialiste entend tout mettre en oeuvre pour le renforcer afin que soit porté un message socialiste en Europe.

Art 18
Le Parti socialiste est un parti internationaliste. Il condamne toutes les oppressions et exploitations dont sont victimes les hommes et les peuples, qu’elles qu’en soient les origines et les causes. Il agit pour le développement des pays du Sud. Il combat la xénophobie, le  racisme et l’antisémitisme sous toutes leurs formes. Il milite pour un ordre international juste et respecté, pour une coopération entre les peuples. Il défend le rôle de l’ONU et des institutions internationales. Il souhaite que l’Internationale socialiste, de forum international pour les partis et les forces progressistes qu’elle tend à être aujourd’hui, devienne un véritable mouvement progressiste et internationaliste.

Art 19
Le Parti socialiste est un parti populaire ancré dans le monde du travail. Il est le produit des combats politiques et des luttes sociales menées tout au long des XIXe et XXe siècles. Il entend exprimer l’intérêt général du peuple français.

Art 20
Le Parti socialiste est un parti démocratique. Il fait de la parité entre les hommes et les femmes un principe. Il respecte chacun de ses adhérents. Il organise un débat politique transparent et ouvert. Il veille à la diversification des responsabilités partisanes et électives à tous les niveaux. Il prend en compte dans un dialogue permanent, les forces et les mouvements de la société civile, en particulier les syndicats, les associations, les organisations non gouvernementales… Le Parti socialiste est un parti qui défend une éthique politique dans l’engagement militant. Il repose sur une adhésion volontaire qui demande que les décisions, les textes et les règles, délibérés et adoptés en commun, soient respectés.

Art 21
Le Parti socialiste veut rassembler toutes les cultures de la gauche. Il ne se résigne pas aux divisions de l’histoire. Organisant en son sein depuis toujours un libre débat, il appelle tous les hommes et toutes les femmes qui partagent ses valeurs à rejoindre ce combat.

Mardi 22 avril 2008
par Olivier FRANCHETEAU
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Les Italiens ont décidément la berlue… sconie. Comment peuvent-ils élire Il Cavaliere après un bilan politique si mitigé ? On croyait les Italiens affranchis du populisme berlusconien, des scandales judicaires, etc. Quoiqu’il en soit, l’élection du candidat PDL est une bien mauvaise nouvelle pour l’Italie, mais aussi pour l’Europe et la culture…L’Italie fellinienne et pasolienne s’efface chaque jour davantage, La Dolce Vita n’est plus qu’un rêve, un lointain souvenir, un cliché. Seule demeure dorénavant l’apologie de l’ignorance, de la standardisation culturelle et du bling bling, tristement familier en France. Sa victoire aura quand même fait un heureux dans nos contrées, puisque Nicolas Sarkozy a été le premier à le féliciter, laissant ainsi augurer des lendemains peu glorieux pour nos civilisations respectives.

 

Samedi 19 avril 2008
par Olivier FRANCHETEAU
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  • : Olivier Francheteau
  • : Notes culturelles et politiques
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  • : Directeur adjoint dans une MJC (programmateur de spectacles, communication & coordination), secrétaire adjoint du CA du Théâtre de la Marionnette à Paris et militant socialiste (colistier de Dominique Bertinotti pour les municipales dans le 4e).

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Paris quartier d'été
Musique, danse, théâtre, cirque, poésie, cinéma, performance, hors-piste
Jusqu'au 15 août

Dots obsession
Installation de l'artiste japonaise Yayoi Kusuma
Jusqu'au 17 août à la grande Halle du parc de la Villette, Paris 19e



Le Latina fait son (f)estival

Rétrospective en 60 films des années 1950 à nos jours
. Jusqu'au 26 août au cinéma Latina Paris 4e


Exposition Annie Leibovitz
Jusqu´au 14 septembre
MEP, 5/7 rue de Fourcy dans le 4e

Miroslav Tichy
Exposition du photographe tchèque au Centre Pompidou dans le 4e
Jusqu'au 22 septembre

Conseil d'arrondissement 
Mardi 23 septembre, 19h
Mairie du 4e
Salle des mariages 



Vide grenier dans le 4e
Dimanche 28 septembre 9h/19h
Places st Gervais & Baudoyer
Rues des Barres et du Grenier sur l'eau

Tam Tam les dessous de la marionnette
Semaine nationale de la marionnette
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