Selon deux journalistes de l'AFP, le président gambien Yahya Jammeh a menacé, au cours d'une réunion publique à Banjul,
de « couper la
tête » aux homosexuels
s'ils ne quittent pas la Gambie. « La Gambie est un pays de croyants (....), les péchés et les pratiques immorales comme l'homosexualité ne seront pas tolérés dans ce
pays », a déclaré le président Jammeh.
L'organisation britannique de lutte contre l'homophobie OutRage a réagi hier (jeudi 22 mai 2008) en dénonçant les propos de du président Jammeh. « Jammeh est connu
depuis longtemps pour son homophobie »,
a déclaré le porte-parole de l'organisation, Peter Tatchell. « Si le président Jammeh met à exécution ses menaces, les pays donateurs retireront sans aucun doute
leur aide, et les touristes éviteront son pays en masse, ce qui aura des conséquences graves pour l'économie
gambienne »,
a-t-il ajouté.
Que rajouter à
cette ignominie, si ce n’est que la religion ne pratique pas toujours la tolérance, loin s’en faut ! Et si Yahya Jammeh veut réellement éradiquer l’homosexualité dans son pays, ce n’est pas
la tête des homosexuels qu’il faut couper mais leur entrejambe ! Plus sérieusement, il reste néanmoins à élucider le mystère de la compatibilité croyance et homosexualité. Comment croire en
dieu et être homosexuel alors que l’Eglise condamne cette orientation sexuelle. Pragmatiques, d’aucuns diront que même la sexualité est décriée dans les discours religieux, alors gays ou hétéros,
nous sommes tous des pêcheurs ! Certains homosexuels jouissent de cette ambiguïté comme le metteur en scène ouvertement catholique Olivier Py qui semble non seulement vivre en harmonie avec
cette dichotomie mais en tire la genèse de son travail.
Pour aller plus loin, la compatibilité politique et homosexualité va devenir un thème tendance dans les mois à venir avec la candidature de Bertrand Delanoë pour le poste de premier secrétaire du parti socialiste. Dans
son livre-entretien De l'audace, le maire de Paris reste très
discret sur sa vie privée. Il aborde toutefois rapidement le sujet en déclarant :
« On croit que l'homosexualité est acceptée à Paris mais pas en banlieue ou en province. C'est une idée fausse. Comme les gens
sentent que ce n'est pas un problème pour moi, ce n'est plus un problème pour eux. »
Une déclaration
optimiste qui pose forcément la question de savoir si l'homosexualité de Bertrand Delanoë pourrait l'empêcher d'être élu président lors des prochaines élections dans 4 ans...
A la question : si Bertrand Delanoë était candidat à la présidentielle en 2012, pensez-vous que son homosexualité
serait un obstacle à son élection ? 57,8% des sondés sur le site gayclic.com estiment que oui contre 38,7% non et 3,5% qui ne se prononcent pas. Cela dit, le fait d’avoir en France un président homosexuel serait certainement le meilleur moyen de faire évoluer les mentalités aux niveaux national et international. Les pays de
l’est, de l’Afrique et les autres qui pénalisent encore l'homosexualité devront se plier malgré eux au protocole diplomatique, quitte à ce que
Yahya Jammeh en perde la
tête.