Mardi 22 avril était programmé sur France 2 un documentaire-fiction de Serge Moati intitulé Mitterrand à Vichy. Intrigué par ce programme télévisuel, je m’installe pour une fois devant mon poste de télévision qui, il faut le dire, ne me sert qu’à regarder des DVD tant les programmes proposés ne répondent pas à mes désirs et besoins culturels.
Le film commence et l’ennui me guette rapidement tant la forme du film est discutable. Acteurs moyens voire ridicules (Pétain, de Gaulle), mise en scène plate et absence de dramaturgie pour la fiction, aucune transition surprenante entre la fiction et le documentaire, etc. Une vraie parodie de fiction française : quel que soit le réalisateur, on a toujours l’impression de voir le même film. Pas étonnant que la jeunesse déserte le petit écran pour surfer sur le Net. Pas étonnant que les séries américaines explosent l’audimat alors que les fictions françaises peinent à trouver leur public par manque de créativité et de signature cinématographique. Trop consensuelles et pusillanimes, les téléspectateurs français leur préfèrent les scenarii américains mieux écrits et plus audacieux. Bien évidement, je ne m’attends pas à ce que Serge Moati singe les séries produites par HBO comme Desperate Housewives où la voix off de Brenda Strong est hautement plus emballante que celle de Pierre Arditi. Excellent acteur certes, j’aurais préféré néanmoins que le casting de Mitterrand à Vichy laisse la place à des intermittents en mal de cachets, et cela aurait été plus équitable et plus économe.
Aussi, serait-il pertinent de reconsidérer le cahier des charges de France Télévisions ; la diffusion de programmes intelligents et novateurs tant au niveau du fond que de la forme paraît un des points centraux pour se démarquer nettement de l’offre des chaînes privées où les programmes riment souvent avec vulgarité et bêtise. Malheureusement le sarkozysme en a décidé autrement ; la suppression de la publicité sur les chaînes publiques ayant pour véritable finalité de donner un peu d’oxygène au privé (qui peut être crédule pour croire à son discours sur la qualité du service public audiovisuel quand il s’affiche avec Carla Bruni à Eurodisney, ce qui en tant qu’acte politique en dit long sur sa conception de la culture) prime non seulement sur la programmation, mais, faute de moyens, en altèrera fortement la qualité des contenus. A suivre donc la commission de Jean-François Copé qui endosse la responsabilité d’envisager le futur du service public audiovisuel d’ici le 25 juin dans un contexte économique morose offrant une marge de manoeuvre très limitée (de nouvelles taxes seraient incongrues pour compenser le manque à gagner) et donc peu propice à l’inventivité.