Jeudi dernier, je suis allé voir Mon vieux Vilbure mis en scène par Yves Chevalier au Théâtre 95, scène conventionnée dédiée aux écritures contemporaines à Cergy-Pontoise dans le Val d’Oise (95). A la sortie de la station RER Cergy Préfecture, de nombreux jeunes d’origine africaine traînent aux alentours en attendant je ne sais quoi, je ne sais qui. 500 mètres plus loin, derrière la préfecture, le théâtre ; de nombreux quinquagénaires d’origine française traînent dans le hall en attendant l’ouverture des portes… Impossible alors de ne pas penser à la démocratisation culturelle qui se solde ici sans équivoque par un échec cuisant. Impossible de ne pas penser à la chute libre des subventions pour l’action culturelle qui ne favorisera pas le retour d’un public populaire et métissé dans les théâtres. Impossible de ne pas penser à l’absence de remaniement du ministère de la culture après les municipales, signe que la rue de Valois importe peu. Sa locataire Christine Albanel assistait hier soir à la Cérémonie des Molières qui a célébré généreusement le théâtre privé. 17 Molières attribués contre 5 pour le secteur subventionné. Retransmise en direct sur France 2, la soirée s’est voulue surtout consensuelle cherchant à donner une image gaie et décomplexée du théâtre pour séduire les téléspectateurs et et enrayer une baisse de fréquentation des théâtres, pouvoir d’achat en berne oblige ; exit les créations intello et l’adage « le théâtre, c’est pas pour nous », le ton était donné dès l’ouverture avec une chanson du Roi Lion. Fortement récompensé, Le Roi Lion apparaît bel et bien comme le symbole sans conteste d’une culture américanisée en raccord parfait avec une posture politique nouvellement atlantiste. Et tant pis pour Jean Vilar et Antoine Vitez !
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