Opposition et majorité, un duel qui désintéresse de plus en plus les Français.
Face à un président omniprésent sur tous les fronts y compris dans les médias (avec un temps de parole non décompté de celui de la majorité, belle iniquité !), l’opposition est souvent jugée peu audible quand elle n’est pas jugée silencieuse par les Français. Les provocations verbales de Nicolas Sarkozy ("désormais, lorsqu'il y a des grèves, personne ne s'en aperçoit") et de François Fillon (il s'auto-congratule qu'au bout d'un an, l'exécutif ait "emmené les Français sur le terrain idéologique" de la droite) témoignent d’une triste réalité !
A questionner nos concitoyens, une réponse univoque émerge impunément : ras le bol de la politique politicienne et des polémiques inutiles ! En d’autres termes, que les politiques cessent de se comporter comme dans une cour de récréation et qu’ils travaillent à défendre l’intérêt collectif, c'est-à-dire celui des Français et non celui des lobbys et de leurs partis. Le mécontentement reste d’autant plus criant que le moral des ménages plonge dans des abysses historiques (- 46%, indice le plus bas depuis 1987 selon l’INSEE) et que les querelles claniques ne résoudront pas les problèmes majeurs actuels tels que les hausses du prix de l’énergie et de l’alimentaire.
Reste à savoir alors comment l’opposition peut-elle aujourd’hui exister. Et quelle opposition proposer ?
Comme un réflexe pavlovien, la gauche aboie systématiquement à toute nouvelle réforme du gouvernement Fillon comme si la politique se résumait à une vision manichéenne et que le pouvoir en place avait donc toujours tort. Il ne faudrait surtout pas reconnaître que la majorité puisse marquer des points de confiance auprès des Français ! Politique politicienne oblige. Mais il ne suffit pas d’aboyer pour être craint, il faut aussi montrer les crocs. Les Français attendent effectivement une critique pertinente et constructive au lieu de ce duel stérile et vieux comme Hérode qui les lasse et les éloigne de la politique et des urnes. Mais curieusement la gauche n’est pas la seule à critiquer le gouvernement. Gros buzz sur le net depuis hier, le député UMP Gilles Carrez, rapporteur général du budget, a tenu dans une vidéo les propos suivants à l’occasion de la préparation du budget 2009 : "Eric Woerth est un ministre croupion", "Le rapport d'orientation budgétaire est à pleurer ». Surprenant.
Force est de constater que l’Ouverture par Sarkozy a fortement déstabilisé la gauche et n’était-ce pas là sa seule finalité ? On évaluera en fin de mandat ce que Bernard Kouchner & co ont réussi à imposer au sein de ce gouvernement hétérogène. Du côté du PS, le jugement a été sévère face à l’ouverture mais en même temps qu’a-t-il fait pour les retenir ? Quoiqu’il en soit, les socialistes doivent maintenant apprendre à se regarder autrement. Personnellement je ne trouve pas choquant que Jack Lang loue le travail de l’UMP quand il l’estime nécessaire, évitant ainsi un esprit sectaire. Moi-même avec cette note m’expose probablement à quelques critiques de mes amis socialistes. Je ne suis pas un traître pour autant. J’ai à maintes reprises montré mon hostilité face au programme UMP de Vincent Roger pendant la campagne des municipales, ce qui ne m’empêche pas aujourd’hui d'apprécier l’intelligence de M. Roger quand il propose ses services à la majorité du 4e lors du Conseil d’arrondissement du 10 juin dernier pour éviter la fermeture de deux classes de l'arrondissement.
Majorité ou opposition, la politique, c’est comme « Carla, c’est du sérieux » pour reprendre les mots toujours délicats du président… Malheureusement ici et là certains politiques nous prouvent le contraire comme cette vidéo très subjective de Rachida Dati au Conseil de Paris qui se passe de tout commentaire…